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Progrès et progressisme

Imaginons un scénario de sociologie-fiction.

Un pays tel que le Maroc (ou l’Algérie, la Tunisie, etc.) découvre une ressource x et a besoin de beaucoup d’ingénieurs pour la développer. Elle fait alors un appel à l’immigration.  Et ça adonne qu’un nombre important de Québécois et autres occidentaux, attirés par de bons salaires et une existence au soleil, décident de déménager et de fonder leur vie là-bas.

Sauf qu’ils ne se sont jamais vraiment intéressés à la culture locale avant d’émigrer.  Alors au fur et à mesure que leur nombre augmente, ils se concentrent dans certains quartiers. Et ils deviennent de plus en plus visibles, surtout qu’ils ont la manie de se regrouper les soirs et après-midis de congé dans les parcs et sur les plages, les femmes en bikinis, parfois même se faisant bronzer seins nus, pendant que les hommes se font griller des côtelettes de porc au bbq et que tout le monde boit de la bière et du vin, y compris durant le ramadan. C’en est même que des mères se présentent de plus en plus souvent à l’école en hauts de bikini pour chercher leurs enfants!

Étant donné la présence islamiste dans ces pays, on pourrait s’attendre à des réactions très violentes et meurtrières, et avant ça à des arrestations et des condamnations pour atteintes à la pudeur. Mais imaginons plutôt que tout se passe pacifiquement…
Pendant 5, 10, 15 ans…  La population locale « de souche » s’exprime à travers des forums divers, des Commissions et autres sondages qui révèlent à chaque fois que dans une proportion très majoritaire, ces comportements des Occidentaux choquent profondément les valeurs conservatrices locales, et qu’on y perçoive une invasion culturelle.

Sauf que ces Occidentaux immigrés, au lieu de se remettre en question, ne cessent d’invoquer leurs droits individuels; et que ça te me fasse partie de leur identité d’agir de la sorte. Lorsqu’on parle d’intégration, ils rétorquent que les Marocains de souches sont tout autant des immigrants qu’eux, alors ils n’ont aucun droit légitime à définir le contrat social local…

Encore une fois, j’imagine mal que ça se passe comme ceci, très pacifiquement.
Mais surtout, est-ce que je me trompe, ou nos inclusivistes ne seraient pas prêts à défendre une telle population avec la même ardeur qu’ils défendent les voiles et autres comportements religieux qui choquent profondément les Québécois et qui vont totalement à l’encontre de l’évolution sociale et culturelle de cette société-ci?

 

Mais pour en revenir à nos moutons de Panurge québécois…

J’ai répondu ceci aujourd’hui à quelqu’un qui me demandait de clarifier mes politiques concernant l’immigration et l’islam.  J’ai répondu ceci :
«Je pense qu’il y a beaucoup de facteurs qui entrent en compte en ce qui concerne l’immigration aujourd’hui.

Dans le désordre :
-Le nombre. C’est sûr que si tu es tout seul de ta gang à déménager dans une culture complètement étrangère, ce n’est pas la même chose que si tu es 1 million.
-Les communications. Aujourd’hui, c’est vrai que tu peux être physiquement ici, mais culturellement à des dizaines de milliers de kilomètres. C’est vrai qu’il y a plein de maisons où n’entrent que les chaines satellites venant du pays d’origine, où on ne lit que les journaux dans la langue d’origine et où quand vient le temps de marier les enfants on se tourne vers le bled d’origine.
-La religion, comme tu dis. Mais dans le cas spécifique de l’islam, il faut compter la diffusion d’une lecture rigoriste de la part des Frères musulmans, des khoménistes et du wahhabisme, le tout financé par les Saoud.
-Un ordre moral « progressiste » qui s’est installé en occident, alimenté par des décennies de déconstructionnisme postmoderniste.
-Ce dernier point pave le chemin pour une culture, la nôtre à toi et moi, qui ne croit plus en ses propres institutions ou en ses propres fondamentaux philosophiques.
-L’influence colonisatrice du monde anglo-saxon, chez qui la culpabilité postcoloniale et la forme particulière de son racisme ont conduit à l’élaboration du dogme multiculturaliste.
-L’éducation.  Qui n’est pas la même si la majorité de votre immigration vient du Maghreb; ou alors plutôt de l’Afghanistan, du Pakistan, d’Arabie saoudite, d’Iran ou de Turquie.  On ne parle pas du tout du même monde en termes de culture et d’éducation.»
-Ni en termes de volonté de s’intégrer.

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Je me rappelle souvent cette militante anti-islamiste, réfugiée algérienne en France, entendue il y a une dizaine d’années.  Elle racontait qu’à Alger, dans les années 80 qui menèrent aux massacres des GIA, il fallait chaque matin compter le nombre de femmes voilées à l’arrêt d’autobus. «Quand elles dépassaient la moitié, on savait qu’on devait changer de quartier car notre vie allait commencer à être misérable, puis dangereuse»

Tous les matins et tous les après-midi à l’école de mon fils dans la Petite-Patrie, je regarde les mamans qui viennent porter et chercher leurs enfants.  Invariablement, il y a de 1 à 3 grappes de mamans qui se tiennent exclusivement entre elles.  Ce sont les mamans voilées.  Elles parlent arabe.  (Sauf lorsqu’est présente 1 d’elles, africaine noire et qui apparemment ne parle pas cette langue.  Malgré ça, chaque jour cette dernière se joint avec un «salam alékoum» à une des grappes, plutôt qu’aux parents francophones.)  Les autres parents qui attendent sur le bord de la clôture et qui parlent français entre eux sont de souche, latinos, asiatiques, etc., et s’agrègent aléatoirement.
Je me suis amusé à compter tout à l’heure et les mamans voilées constituent 7/10.

Ça, c’est à la porte de l’école où on attend les plus petits, comme mon fils qui est en 1ère année. Il semble y avoir moins de voiles à la porte des plus grands, mais c’est à l’autre bout de la rue.  Par contre, d’où je me tiens, je vois très bien la sortie des petits de maternelle, où les voiles comptent plutôt pour 9/10 des mamans.
À l’opposé, c’est vers les sorties des plus grands qu’on voit progressivement, d’année en année, de plus en plus d’élèves voilées.

Je ne crois pas une seule seconde, loin de là, que sous tous ces voiles se trouvent des islamistes radicales, ni même de mauvaises mamans ou de mauvais enfants.  Seulement, ce serait idiot de ne pas voir là un présage pour le futur de cette société, du moins pour sa métropole.  Je suis certain qu’au minimum, à leurs tables de cuisine le soir au souper, en familles, cet entre-soi qu’elles pratiquent en grappes à l’école se transmet dans un discours ponctué et normalisé de: «nous les musulmans contrairement à eux les Québécois».
Et c’est sans compter l’homogamie que devront pratiquer les enfants sous peine d’excommunication.  Ou tout le climat d’halalisation qui s’installe dans le quartier.

Surtout, je pense aux autres enfants.  Comme mon fils, élevé à croire que c’est normal qu’une majorité des femmes rencontrées quotidiennement soient voilées et couvertes de manière austère de la tête aux pieds, hiver comme été, se tenant entre elles pour parler une langue qui lui est étrangère.

On nous répète que le Canada et l’Amérique furent toujours des terres d’immigration.  Certes.  Mais ce furent toujours aussi des terres d’assimilation brutale.
Parlez-en aux Canadiens-Français qui, établis de la Nouvelle-Angleterre au Mississippi, jusqu’à San Francisco et toute la Côte Ouest, en revenant par les Grands Lacs… Tous ces grands voyageurs Français qui, dès qu’ils s’établissaient, apprirent à ne pas transmettre leur langue à leurs enfants: afin de leur éviter de se faire traiter des « Frenchtards! » et de se faire taper sur la gueule.  Afin de permettre à leurs enfants un avenir, dans cette Brave Amérique.  Ces enfants s’appellent aujourd’hui Trudeau, LaBoeuf, LaPierre, Tremblay…, mais ne savent même pas le prononcer.

Au Québec, nous n’avons pas pu, pendant longtemps, accueillir quelque immigration ou quelque altérité que ce soit, si ce n’était un peu d’italienne et d’irlandaise.  Tant que c’était catholique, même parfois protestant ou juif…
La province accueillait pourtant bien une immigration soutenue.  Mais pas « nous », alors que nous étions relégués à un statut de majorité minorisée, subalterne sur ses propres terres.

Dès que nous avons été capables de reprendre le contrôle de notre société, nous avons pratiqué l’accueil de l’Autre: qu’il soit Haïtien, Chilien ou Vietnamien.  Et nous n’avons jamais exigé l’assimilation; probablement parce que nous avons connu la menace d’être assimilés.  Nous passons notre temps à célébrer des personnes qui débarquent ici pleines de bonne foi et pleines de bagages provenant de leurs tours du Monde.
Cependant, nous avons toujours vu avec méfiance l’immigration qui n’est pas celle d’individus ou de simples familles.

Non, ce n’est pas de ce rejet primaire de l’Autre que l’on peut nous accuser, nous les Québécois.  Ce qui nous met sur nos gardes, comme partout où il y a de l’immigration pour les populations de souches, ce sont les diasporas: ces tribus planétaires qui nulle part ne s’intègrent.  Celles qui ne charrient pas que de belles photos dans leurs bagages, mais qui y trainent aussi leurs propres frontières: linguistiques, culturelles et nationales.  Et religieuses surtout.  Ces tabous qui proscrivent plus que le voisinage courtois avec le pays d’accueil.  La religion qui proscrit aux enfants de se marier hors de la tribu, avec les enfants des collègues et des voisins.

Non, cette immigration nous n’en voulons pas.  Et tous les peuples non plus n’en veulent pas.  Si vous voulez nous en accuser, vous devrez aussi accuser la Terre entière !  Nous somme conservateurs, parce que nous voulons nous conserver.  Et nous nous laissons bercer parfois par les chants populistes, parce que nous sommes le peuple et que nous voulons être écouté.  Alors nous dénonçons comme nous le pouvons.

Et si partout les peuples le sentent instinctivement, c’est que tous l’ont vécu.  Sauf que nous, c’est de mémoire récente.  Nous reconnaissons le tribalisme de survivance et d’autodéfense, mais aussi de haine.  Nous voyons tout venir, même si nous paraissons nonchalants.  Le tribalisme qui à coups de sermons remplit le ventre des femmes, bien contrôlées et marquées du sceau de la communauté.  Qui à coups de Petit Catéchiste ou de Coran bourre le cerveau des hommes, abrutis.
Pourquoi: pour aller au Ciel ?  Non, pour produire de la force vive, de la communauté.

Et non, nous ne laisserons pas cette société y retourner.  Pas sur nos terres: les seules que nous ayons et où nous entendons, nous aussi, perdurer.

Alors en attendant, tant que vous dédaignerez nos préoccupations, nous écouterons les populistes.  Et tant que vous nous condamnerez du regard à être le sous-peuple que vous avez voulu faire de nous, nous continuerons tout de même d’être de bons voisins courtois avec les mamans voilées qui se parlent entre elles, bardées de leur frontières vestimentaires et de leur halal qui proscrit toute proximité.

Mais il nous sera toujours plus difficile, entre autres à cause de vous, de rêver d’un avenir commun pour nos enfants et les leurs.  Alors que nous avons déjà des enfants et des petits-enfants aussi québécois qu’haïtiens, chiliens ou vietnamiens.  Et que nous en espérons encore.











































Le plus triste

C’est que si mon identité autonome nie sa propre existence par 0,58%…
Alors je ne vois pas pourquoi je devrais me foutre
De quelque autre identité que ce soit

L’identité des autres…
Si ma propre existence, autonome ou non
Ne surgit que dans la marge d’erreur
Pourquoi voudrais-je que d’autres prospèrent?

Je me voue moi-même, et ma descendance, à l’extinction
Nous ne serons même plus là de toute façon
Notre mémoire sera récupérée et réchantillonnée
Sans que nous en soyons informés de toute manière

 

Vos identités alors…
Au diable les Israéliens et les Palestiniens
Entretuez-vous donc!
Du balais les Tibétains et le Rohingyas
Vous vous laissez tuer, comme moi, de toute façon!
Les musulmanes et les imams qui se battent pour des fichus!
Puis les loups qui flairent la bonne affaire

 

Allez tous vous faire traire!
Et au diable vos identités

Peuple chinois, peuples américains
Ancienne Rome, vieille Europe
Langue anglaise, lingua franca
Langue arabe, arcane

Grandes puissances civilisatrices
Ma mémoire cèdera toujours sous vos pas
Mes enfants seront toujours à vous

Alors comment exister?
D’une manière ou d’une autre
En disant Basta!

 

Un ami racontait une anecdote qui m’a rappelé quelque chose.
Il racontait qu’en visite à la maison de retraite de sa mère, il s’est présenté à une préposée voilée en lui annonçant d’emblée qu’il est athée. Il lui a expliqué ensuite que si elle insistait pour annoncer ses croyances à tout le monde avec son voile, il se sentait alors légitimé de lui annoncer les siennes, y compris le fait qu’il croit que l’islam est une croyance débile. (Prévisiblement, ça lui a valu une plainte à la directrice et des accusations d’intolérance.)

Ça m’a rappelé que j’avais créé, il y a quelques années, la page « Laïques ostentatoires » avec exactement cette logique en tête. J’y proposais que tous les laïques se fassent imprimer des chandails annonçant leurs croyances (ou absence de) bien visiblement et de manière provocante.

On peut penser ce qu’on veut de ce que la liberté de religion implique en ce qui a trait à l’ostentation religieuse. Il demeure un fait de base : faire étalage de nos croyances contradictoires à tout moment en public est toujours, partout, une recette pour la division et la discorde. (D’ailleurs, je suis certain que les mêmes qui traitent les femmes voilées comme de pauvres bébés phoques seraient les premiers à me condamner pour provocation si je portais un de mes chandails…)
Et ça se vérifie partout où c’est justement la norme de parader ses croyances, depuis ses vêtements jusqu’à son lunch. Prenez n’importe quelle société où on peut d’un coup d’œil savoir à quelle tribu appartient chaque individu, et vous rencontrerez invariablement des conflits intercommunautaires.

C’était pourtant la grande réalisation de la civilisation occidentale que d’avoir trouvé un compromis entre liberté de croyances et harmonie sociale. (Que ça ait été explicite, comme en France, ou implicite ailleurs.)

Quelle tristesse de voir aujourd’hui des gens nous ramener en arrière, simplement parce qu’ils ne savent pas s’extirper des conflits tribaux d’où ils viennent. On en voit d’ailleurs les conséquences avec tous les débats, divisions et tensions dans lesquels ils ont su nous plonger depuis 15 ans. Et une encore plus grande tristesse de voir des occidentaux, laïques de facto qui, tels des militants anti vaccination contre les religions, c’est-à-dire des militants anti-laïcité, qui ont perdu de vue les avancées de leur propre civilisation et qui se laissent berner par les chimères de la « discrimination » et de l’ « islamophobie ».

Triste.

 









 

J’ai un fils, Alan. Je l’aime.  Et j’aime son nom.

«Alan» : « beau et calme » en celte. Adjectif ensuite affublé aux Aluns (ou « Alains ») : Indo-européens qui au bout de 10,000 ans de migration aboutirent sur les côtes bretonnes.

Mon nom aussi, Yann, vient de cette région. Comme celui de mon père et comme nos armoiries françaises. Notre patronyme, quant à lui, est certainement germanique et probablement Frank ou Gaule.

Ma fille s’apprête à naître. Je l’attends avec la plus grande des joies. Elle sera belle. Elle sera la petite soeur d’Alan. Elle aura un sacré petit bout de caractère, si elle tient ou de sa mère ou même de moi.

Je lui veux un nom français.  Ce qui veut dire soit celte, soit germanique ou soit hébreux. Latin.
Je lui veux un nom qui la relie à une tradition, à moi comme à sa mère. Je lui veux un nom qui raisonne ici jusque dans la terre.

…Pourtant, à chaque fois que je soumets un choix de nom à mes collègues de travail, tout ce qu’ils trouvent à redire, c’est si selon eux le prénom se dit bien en anglais… «Ah oui, Alan ça se dit Allen, super!»
Christ, si c’est pas ça être colonisé !

Je me crisse de savoir si le nom de ma fille se prononcera bien en anglais, ou s’il satisfera à quelque impératif moral moderne.  Elle est ma fille !
Alors ce sera un nom avec du caractère et qu’elle pourra creuser pour se forger une identité qui lui soit propre, bien à elle.  Point.

 


























Je connais beaucoup de gens qui votent pour Québec solidaire. En fait, je peux affirmer que la très grande majorité des gens que je côtoie, avec qui je me tiens et avec qui je discute le plus souvent de politique votent Qs (j’habite Gouin!).  Et j’ai aussi des amis qui y militent et qui y ont milité. Moi-même, dans leurs premières années, j’ai connu la tentation Qs. Si ce n’eut été de mon souverainisme affirmé, j’aurais voté pour eux plutôt que pour le PQ lors de certaines dernières élections, ce que je ne peux dire d’aucun autre parti.

Puis j’ai déchanté.

Parmi ceux qui votent toujours Qs aujourd’hui, je vois beaucoup d’humanistes qui s’ignorent. Ils aiment l’Humanité, mais ils l’ont perdue de vue, ont perdu confiance en elle. Alors ils cherchent à la disséquer pour la reconstituer à leur image, à leurs goûts.

J’aimerais aussi croire en Qs, sauf que ce n’est pas affaire de croyance. Chez l’humain, la foi est ce qu’il reste en tout dernier : et Qs se présente comme un article de foi.
J’aimerais aussi jouer la révolution d’un monde vieux, pourri et corrompu à la moelle. Mais la révolution n’est pas un jeu, ni même une joute. Elle est crissement moins romantique que ce qu’en fait ensuite l’Histoire. La révolution est un évènement historique exceptionnel : elle n’est surtout pas un rite de passage générationnel. Elle se fait dans les larmes, et le plus souvent dans le sang. Alors, comme peuple, il faut savoir à quel moment le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Qs n’est pas la révolution qui est souhaitable à cette époque-ci de l’Humanité dans son chapitre québécois. Ce n’est pas le parti qui nous mènera aux lendemains qui chantent.
Parlez-en aux Québécois qui étaient là lors de la dernière vraie révolution. Lorsque de jeunes intellectuels ayant investi le pouvoir en place le firent exploser du dedans, et surtout au nom et au profit du plus grand nombre à venir. Parlez-en à ceux qui étaient là au lendemain de la première victoire du PQ, alors qu’à tous les jours ils sentaient le vent changer. Alors qu’à tous les jours, du jour au lendemain, un joug bien réel se fracturait tout autour d’eux.

Leur seule faute fut de ne pas avoir pu concrétiser leur projet jusqu’à sa fin. C’est la seule tache qui ternit le bilan de la Révolution tranquille. Mais c’est une tache indélébile.
Alors ça prendra du temps pour voir à nouveau une telle occasion. Qui sait où ça aurait mené? Qui sait quand ça reviendra et sous quelle forme?

Mais aujourd’hui, la révolution est morte.

Qs n’est pas la nouvelle révolution. Qs n’est que la branche qui a investi la gauche souverainiste pour y inséminer son propre agenda : celui d’un anticapitalisme manichéen. Qs n’est que la minorité qui se définit toujours avant tout par son militantisme effréné et pathologique dans toute population. Qs n’est que la énième manifestation de la haine de soi érigée en force politique. Celle qui prêche l’amour du prochain au même moment qu’elle célèbre toutes divisions. Celle qui rejette le peuple pour lui préférer les communautés. Celle qui débride l’individualisme pour prêcher la soumission aux diktats du groupe. Celle qui, même si elle s’en défend, excuse l’inhumanité au nom de l’Humain…
Au nom de l’humain qu’elle ne désire être qu’elle-même.



































Nous sommes une société qui, malgré tous ses défauts, évolue. Et elle évolue dans le bon sens. Il y a une différence objectivement appréciable entre le Québec d’hier et d’aujourd’hui, dans toutes les matières ayant lien aux droits humains.

Il existe d’autres sociétés, dont parmi nos voisines tant d’un point de vue géographique que civilisationnel, qui stagnent ou régressent, que ce soit depuis 2000, 400, 50 ou seulement 15 ans. Toutes les explications historiques, politiques et sociologiques sont bonnes pour expliquer le phénomène. Mais au bout du compte, il faut en faire le constat et cesser de relativiser.

Sauf qu’aujourd’hui, les guerriers égarés de la rectitude morale s’en prennent aux mauvais moulins.

Je me suis souvent demandé pourquoi le plus souvent, les révolutionnaires, que ce soit ceux de Germinal ou de Dostoïevski, qu’ils soient Allemands ou Français, Chinois ou Khmers… Pourquoi ces intellectuels proviennent toujours de la bourgeoisie? C’est parce qu’ils en ont le luxe. Ils ont la quiétude d’esprit qui se perd avec la réelle précarité : celle dont on ne peut sortir. Ils ont la marge pour penser et pour s’ennuyer.

Alors, au lieu de voir l’évolution du système et de platement y travailler, ils se rêvent de grandeurs.
Parce que c’est nécessaire?  Non.  Simplement parce qu’ils en sont capables.
Ils deviennent alors des révolutionnaires, sans égard au besoin ou à l’époque.

Il y a les grands et les petits Pol Pot. Les petits sont sympathiques. Mais ils peuvent parfois paver la voie à des grands plus menaçants.  Il suffit pour ça qu’ils se coalisent et deviennent une force culturelle puis politique.
Traditionnellement, ça demandait de l’effort.  Aujourd’hui, il y a les médias sociaux…