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Mondialisation

Le plus triste

C’est que si mon identité autonome nie sa propre existence par 0,58%…
Alors je ne vois pas pourquoi je devrais me foutre
De quelque autre identité que ce soit

L’identité des autres…
Si ma propre existence, autonome ou non
Ne surgit que dans la marge d’erreur
Pourquoi voudrais-je que d’autres prospèrent?

Je me voue moi-même, et ma descendance, à l’extinction
Nous ne serons même plus là de toute façon
Notre mémoire sera récupérée et réchantillonnée
Sans que nous en soyons informés de toute manière

 

Vos identités alors…
Au diable les Israéliens et les Palestiniens
Entretuez-vous donc!
Du balais les Tibétains et le Rohingyas
Vous vous laissez tuer, comme moi, de toute façon!
Les musulmanes et les imams qui se battent pour des fichus!
Puis les loups qui flairent la bonne affaire

 

Allez tous vous faire traire!
Et au diable vos identités

Peuple chinois, peuples américains
Ancienne Rome, vieille Europe
Langue anglaise, lingua franca
Langue arabe, arcane

Grandes puissances civilisatrices
Ma mémoire cèdera toujours sous vos pas
Mes enfants seront toujours à vous

Alors comment exister?
D’une manière ou d’une autre
En disant Basta!

 

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J’ai un fils, Alan. Je l’aime.  Et j’aime son nom.

«Alan» : « beau et calme » en celte. Adjectif ensuite affublé aux Aluns (ou « Alains ») : Indo-européens qui au bout de 10,000 ans de migration aboutirent sur les côtes bretonnes.

Mon nom aussi, Yann, vient de cette région. Comme celui de mon père et comme nos armoiries françaises. Notre patronyme, quant à lui, est certainement germanique et probablement Frank ou Gaule.

Ma fille s’apprête à naître. Je l’attends avec la plus grande des joies. Elle sera belle. Elle sera la petite soeur d’Alan. Elle aura un sacré petit bout de caractère, si elle tient ou de sa mère ou même de moi.

Je lui veux un nom français.  Ce qui veut dire soit celte, soit germanique ou soit hébreux. Latin.
Je lui veux un nom qui la relie à une tradition, à moi comme à sa mère. Je lui veux un nom qui raisonne ici jusque dans la terre.

…Pourtant, à chaque fois que je soumets un choix de nom à mes collègues de travail, tout ce qu’ils trouvent à redire, c’est si selon eux le prénom se dit bien en anglais… «Ah oui, Alan ça se dit Allen, super!»
Christ, si c’est pas ça être colonisé !

Je me crisse de savoir si le nom de ma fille se prononcera bien en anglais, ou s’il satisfera à quelque impératif moral moderne.  Elle est ma fille !
Alors ce sera un nom avec du caractère et qu’elle pourra creuser pour se forger une identité qui lui soit propre, bien à elle.  Point.

 


























Quelqu’un fait remarquer que Macron s’adresse à la nation en disant « peuple de France ». Et que cette expression est un glissement sémantique depuis « peuple français ». J’ajoute que ce devrait être simplement « Français ». (Ou comme au Québec : « Français et Françaises ».)

Mais nos écervelés d’antifas, anti réacs, anti colonisation, anticapitalistes, anti mixité raciale, anti système, anti laïcité, anti-ci et anti-ça.  Ils ont convaincu bien des intellectuels en manque de renom à nous faire croire que le « nous » est toxique.  Même qu’il n’existe pas.

Dire « nous Québécois » ou « nous Français », ou autre, n’a rien de raciste ni de colonialiste. (Pour ce que ça peut bien vouloir dire dans le contexte actuel…) Ça n’a même rien d’exclusif, ni encore moins de dominateur.
Bien sûr que des excités vont te dire que tu es un « tu » puis un « vous » à cause de la couleur de ta peau ou de ton accent, de ton nom. Mais tout le monde est d’accord que ce ne sont que des caves!  Et ces mêmes caves me sautent dessus autant que sur toi, même si mes différences ne sont qu’intérieures.  C’est des caves.

Ce qui compte, c’est ce comment l’ensemble de la société réagit à de telles agressions. Et le fait qu’elles sont en constante baisse.

Quand je dis « Québécois ». Quand je dis « Nous ». J’en appelle à mes frères de sang bien sûr, qui spontanément se rappellent les mêmes souvenirs que moi.
Mais j’en appelle aussi bien sûr à toi qui débarque et qui dit : « Hey, comment je peux rentrer dans la gang? ».  J’en appelle à toi mon voisin aux souvenirs d’enfance différents, mais humainement reconnaissables : si on s’accorde au moins sur un langage commun.

Toi qui ne me rejette pas sur la base de mes origines ou d’une autre catégorie quelconque.  Mais toi qui reconnait que les origines historiques de ce territoire existent. Et que ses héritiers demandent un engagement, une promesse morale envers leur mémoire, afin qu’ils puissent se permettre de t’accueillir dans leur « nous ».

Un pays, c’est un territoire, une population et une histoire.  C’est une perpétuation.

À toi l’étranger, de fait ou de sentiment.  Je te léguerai ma terre. Si au moins tu t’engages à y inscrire et à y perpétuer ma mémoire : à titre d’ancêtre, à titre de famille.

Si tu me promets que tes enfants auront le droit de marier les miens.
Je te donnerai mon âme, ma langue.

Si vous ne pensez pas que ça aille mal pour l’occident. Si vous ne capotez pas à constater qu’une certaine gauche radicale ait colonisé d’abord la gauche traditionnelle, et puis tout le débat public. Si vous trouvez intéressantes, voire nécessaires les conversations incessantes sur l’identité, la laïcité, sur le féminisme ou le transgenrisme, sur la liberté d’expression et sur le racisme « systémique »… Si vous ne vous inquiétez pas d’où on s’en va collectivement, c’est-à-dire comme peuple historique et territorial.

Considérez seulement ceci :
Non seulement nous n’avons même plus le réflexe primaire, comme société, comme adultes, de ne serait-ce que congédier de leur job au salaire minimum des employés d’aéroport qui se masturbent sur des vidéos de propagande djihadiste et qui ont amorcé des actions comme se magasiner des armes et des fausses identités. Non seulement ça n’est pas arrivé comme on se l’attendrait : «Bien sûr qu’on les a foutu à la porte et qu’ils sont maintenant poursuivis en justice et font face à la prisonBiens sûr!»  Non seulement ça n’est pas allé de soi…  Mais à ce stade, je me demande surtout si on ne s’est pas complètement enlevé le droit de même penser faire une telle chose.

C’est de cette manière que survient la fin d’une mouvance historique.  C’est de cette manière que meurt un peuple, et avec lui la mémoire de la multitude d’individus qui y ont participé.  Que ceux qui y militent en soient au moins conscients.

Dans une discussion récente sur la laïcité, j’ai avancé mon argument habituel. Soit que l’exacerbation des identités sur la place publique, spécialement les identités religieuses, est contraire à l’esprit civique. On ne fonde pas un pays sur des identités différenciées, claniques, qui mènent inévitablement à la confrontation.

Ce n’est pas la raison qui guide les identités, mais l’affect. Et l’affect ne connait que les modes «repos» et «enflure». Alors quand vient le temps d’informer les normes dans nos relations sociales, c’est à la raison et à la neutralité identitaire qu’il faut en appeler.

Bref. On m’a répondu que «c’est l’intolérance qui mène à la guerre».

L’intolérance mène à la guerre, mais ça veut dire quoi ? Ça ne veut rien dire comme analyse. Ça nous instruit autant que de dire : «sa violente réaction aux arachides est due à son intolérance aux arachides»…

Le vrai problème, la vraie question analytique, c’est qu’est-ce qui cause l’intolérance ? Et c’est là que les esprits s’emballent. On cherche tout de suite des coupables : les discours populistes, l’économie, les politiques de droite, les inégalités, l’environnement, etc. Si possible, on cherche une grande intuition vague. On cherche surtout une grande cause qui nous tient à cœur et sur laquelle on peut, sans trop de préparation, discourir dans les journaux et les débats académiques.

L’intolérance n’est pas une cause. Elle est un résultat. Bannir l’intolérance, la censurer, la combattre… sont des idées qui n’ont absolument aucun sens du point de vue rationnel. C’est combattre des symptômes. Ça n’a que la valeur d’un remède homéopathique.

Quelles sont alors ces causes dont l’intolérance est le symptôme ? L’humain, tout simplement, est la cause. Notre biologie, notre psychologie, puis surtout ici notre sociologie. À chaque niveau d’analyse de la réalité humaine, on rencontre les conditions qui mettent en place l’intolérance religieuse et la méfiance clanique.

Je ne veux surtout pas «tolérer» mon voisin. Je ne veux pas non plus l’accepter ou l’aimer. Je veux pouvoir faire société avec lui, faire pays. Je veux qu’il me rejoigne dans la marche de l’Histoire. Je veux qu’il partage mes souvenirs et veuille avec moi en créer pour de futures générations. Je veux créer des alliances stables et durables avec lui.

Je ne lui demande qu’une chose. Quand on se rencontre dans la rue, dans le quartier, dans la cité, qu’il ne me dise pas d’emblée qu’il fait partie d’une communauté exclusive dont les dogmes me considèrent comme trop impur pour jamais ne serait-ce qu’en devenir membre honoraire. Qu’il ne me rappelle pas à tout moment, par ses signaux extérieurs, qu’à ses yeux ma bouffe est impure, que mes pratiques sont hérétiques et que ma blonde est impudique.

Surtout, qu’il ne me dise pas d’emblée que jamais ses enfants n’auront la permission de fréquenter les miens, dans l’espérance qu’il en survienne parfois des unions. Car c’est là le rejet ultime, non pas seulement de qui je suis, mais de tout ce que je, et nous, pourrions être.

Quand je vois se multiplier ce phénomène dans mes quartiers, je me trouve agressé dans ma sociologie.

Parce que l’exubérance identitaire religieuse n’est jamais, par définition, personnelle. Elle est toujours communautaire.
Quiconque ne comprend pas ceci devrait à tout jamais se taire sur toute question de société.


















Couillard est très précisément la raison pour laquelle il nous faut atteindre l’indépendance.

De Durham à John A. Macdonald, de Jean Lesage à Bourassa, puis à Jean Charest et à Couillard…, toujours en déclin, ce que nous offre le Canada comme partnership cache de plus en plus mal sa volonté d’hégémonie continentale de la langue et des politiques anglaises.  À chaque nouvelle génération de politiciens fédéralistes, la mascarade d’un beau grand Canada où les 2 langues sont autant respectées continue de se dévoiler.  Tandis que la population canadienne cache toujours aussi mal son dédain de la différence culturelle.  Certes, les lois fédérales «protègent nos statuts et nos droits linguistiques»…  Comme si ça avait déjà intéressé quiconque à l’Est ou à l’Ouest, mis à part une élite canado-ontarienne de gauche, sorte de «clique du Plateau» pan canadienne.  Mais ça frustre au contraire tous les autres canadians.

Couillard est le meilleur argument pour l’indépendance du Québec précisément parce qu’il personnifie enfin, dans son incarnation humaine la plus consubstantielle du fédéralisme ottavien, ce provincialisme normatif imposé par le mode intellectuel anglo-canadien : c’est-à-dire le modèle impérialiste anglo-saxon classique.

Couillard incarne le manque de confiance en soi et le désir d’être autre pour exister.  Ce qui est précisément la faiblesse qu’exploite toujours l’impérialisme culturel.  Quand il ne dénonce pas outrageusement le «repli identitaire» dès que nous nous affirmons comme nation.
Fort de ce mandat, Couillard n’incarne tristement que la corruption des plus basses expectatives en nous.  Et ça semble lui suffire maintenant qu’il aura été premier-ministre.  On dirait déjà, dans son détachement, qu’il se prépare à passer à autre chose.

En termes d’aspirations existentielles pour nous, surtout en termes d’aspirations intellectuelles, Couillard n’est qu’un kamikaze fédéraste.  Ses derniers bredouillements, confus et haineux, à propos du Parti québécois et de la CAQ ne démontrent qu’une chose (qu’on savait pourtant déjà depuis son départ du gouvernement Charest et ses autres entreprises) : il n’a aucune empathie morale.

C’est un handicap important et c’est à prendre très au sérieux.  Mais ça disqualifie pas mal quelqu’un d’être premier-ministre d’une nation comme le Québec.

Rationnellement, logiquement, on se dirait que les tactiques libérales canadians ne devraient pas avoir grand impact sur nos vies.  Sauf qu’elles en ont.  Les libéraux, tant du PLC ou du PLQ ne se perçoivent jamais que comme les avant-postes coloniaux de la conquête continentale britannique dans ce dernier territoire: conquis, mais encore incomplètement occupé.

Là où The Gazette de Montréal pouvait plus aisément appeler au meurtre et à la déportation des Canadiens-français il y a quelques décennies, maintenant la tactique a changé.  Selon le bon manuel impérialiste anglo-saxon, il suffit de diviser pour mieux régner.

Ségréguer des «communautés» fictives, les rendre homogames et repliées sur elles-mêmes.  Prôner la transfrontiérisme tout en militant pour le «droit» des individus à toujours plus se définir communautairement.  Encourager les minorités à toujours revendiquer plus, à culpabiliser les majorités, pour enfin récolter tous les fruits de l’indignation dans des buzzwords et autres produits culturels à vendre sous forme de casquettes et de trends à suivre.  Sur Amazon en anglais.

On aurait pourtant pu être quelque chose…  Quelque chose comme un grand peuple.
On ne demande pas beaucoup.  Juste d’exister.  De renouer avec les peuples qui nous ont accueillis ici.  D’occuper ce beau territoire de manière à bien le léguer à nos enfants.  De bien y accueillir les nouveaux arrivants.
D’offrir à nos enfants et à nos descendants une belle culture commune en héritage.

Couillard ne comprend pas ça.  Ni Ottawa.  Ni Justin Trudeau.  Ni le Canada.

Couillard symbolise carrément cette incompréhension de qui nous sommes.






















 

ALLERTE DE MICROAGGRESSION!
Si vous prononcez mal le nom exotique d’une personne, c’est du racisme :
Mispronouncing Student’s Name Now Considered a ‘Microaggression’


Des fois, je rêve de retourner vivre en Asie pour essayer d’exporter là-bas toute ces idées de « microaggressions », juste pour voir comment ça colle…  Je suis certain que ça favorisera mon intégration et conduira à des relations harmonieuses : à une meilleure société, surtout pour eux.

Comme par exemple, me réinstaller à Bangkok et nommer mon enfant Jean-Ferdinand, pour ensuite traiter tout le monde de raciste quand ils le prononcent Jang-Fendinang.  De manière générale, crier à la discrimination et traiter de tous les noms quiconque me rappelle de quelque manière que je suis en minorité statistique, même quand c’est tout à fait innocent et sans malice de sa part, voire bienveillant.
Je compte insister en permanence sur le fait que je sois partie d’une communauté à part (le thème le plus fourre-tout de la décennie !)  Puis perdre patience et organiser des manifestations au moindre écart de langage ou d’arrière-pensée.

Bref, si je retourne un jour passer la fin de ma vie en Asie, j’y amènerais cette posture.  Puis j’enseignerai à mes enfants cette attitude.

Je n’essayerai surtout pas, comme la dernière fois, de me faire l’apprenti, l’ignorant culturel que j’ai été.  Celui qui amène dans son bagage sa propre culture, mais qui ne demande qu’à s’instruire.  Pas juste comment trouver une job, mais apprendre les codes de ce qui fait vibrer la majorité ambiante.  Apprendre pour pouvoir vibrer avec elle de mes propres cordes.
Ça serait trop réac comme attitude.