archive

Mondialisation

J’ai un fils, Alan. Je l’aime.  Et j’aime son nom.

«Alan» : « beau et calme » en celte. Adjectif ensuite affublé aux Aluns (ou « Alains ») : Indo-européens qui au bout de 10,000 ans de migration aboutirent sur les côtes bretonnes.

Mon nom aussi, Yann, vient de cette région. Comme celui de mon père et comme nos armoiries françaises. Notre patronyme, quant à lui, est certainement germanique et probablement Frank ou Gaule.

Ma fille s’apprête à naître. Je l’attends avec la plus grande des joies. Elle sera belle. Elle sera la petite soeur d’Alan. Elle aura un sacré petit bout de caractère, si elle tient ou de sa mère ou même de moi.

Je lui veux un nom français.  Ce qui veut dire soit celte, soit germanique ou soit hébreux. Latin.
Je lui veux un nom qui la relie à une tradition, à moi comme à sa mère. Je lui veux un nom qui raisonne ici jusque dans la terre.

…Pourtant, à chaque fois que je soumets un choix de nom à mes collègues de travail, tout ce qu’ils trouvent à redire, c’est si selon eux le prénom se dit bien en anglais… «Ah oui, Alan ça se dit Allen, super!»
Christ, si c’est pas ça être colonisé !

Je me crisse de savoir si le nom de ma fille se prononcera bien en anglais, ou s’il satisfera à quelque impératif moral moderne.  Elle est ma fille !
Alors ce sera un nom avec du caractère et qu’elle pourra creuser pour se forger une identité qui lui soit propre, bien à elle.  Point.

 


























Quelqu’un fait remarquer que Macron s’adresse à la nation en disant « peuple de France ». Et que cette expression est un glissement sémantique depuis « peuple français ». J’ajoute que ce devrait être simplement « Français ». (Ou comme au Québec : « Français et Françaises ».)

Mais nos écervelés d’antifas, anti réacs, anti colonisation, anticapitalistes, anti mixité raciale, anti système, anti laïcité, anti-ci et anti-ça.  Ils ont convaincu bien des intellectuels en manque de renom à nous faire croire que le « nous » est toxique.  Même qu’il n’existe pas.

Dire « nous Québécois » ou « nous Français », ou autre, n’a rien de raciste ni de colonialiste. (Pour ce que ça peut bien vouloir dire dans le contexte actuel…) Ça n’a même rien d’exclusif, ni encore moins de dominateur.
Bien sûr que des excités vont te dire que tu es un « tu » puis un « vous » à cause de la couleur de ta peau ou de ton accent, de ton nom. Mais tout le monde est d’accord que ce ne sont que des caves!  Et ces mêmes caves me sautent dessus autant que sur toi, même si mes différences ne sont qu’intérieures.  C’est des caves.

Ce qui compte, c’est ce comment l’ensemble de la société réagit à de telles agressions. Et le fait qu’elles sont en constante baisse.

Quand je dis « Québécois ». Quand je dis « Nous ». J’en appelle à mes frères de sang bien sûr, qui spontanément se rappellent les mêmes souvenirs que moi.
Mais j’en appelle aussi bien sûr à toi qui débarque et qui dit : « Hey, comment je peux rentrer dans la gang? ».  J’en appelle à toi mon voisin aux souvenirs d’enfance différents, mais humainement reconnaissables : si on s’accorde au moins sur un langage commun.

Toi qui ne me rejette pas sur la base de mes origines ou d’une autre catégorie quelconque.  Mais toi qui reconnait que les origines historiques de ce territoire existent. Et que ses héritiers demandent un engagement, une promesse morale envers leur mémoire, afin qu’ils puissent se permettre de t’accueillir dans leur « nous ».

Un pays, c’est un territoire, une population et une histoire.  C’est une perpétuation.

À toi l’étranger, de fait ou de sentiment.  Je te léguerai ma terre. Si au moins tu t’engages à y inscrire et à y perpétuer ma mémoire : à titre d’ancêtre, à titre de famille.

Si tu me promets que tes enfants auront le droit de marier les miens.
Je te donnerai mon âme, ma langue.

Si vous ne pensez pas que ça aille mal pour l’occident. Si vous ne capotez pas à constater qu’une certaine gauche radicale ait colonisé d’abord la gauche traditionnelle, et puis tout le débat public. Si vous trouvez intéressantes, voire nécessaires les conversations incessantes sur l’identité, la laïcité, sur le féminisme ou le transgenrisme, sur la liberté d’expression et sur le racisme « systémique »… Si vous ne vous inquiétez pas d’où on s’en va collectivement, c’est-à-dire comme peuple historique et territorial.

Considérez seulement ceci :
Non seulement nous n’avons même plus le réflexe primaire, comme société, comme adultes, de ne serait-ce que congédier de leur job au salaire minimum des employés d’aéroport qui se masturbent sur des vidéos de propagande djihadiste et qui ont amorcé des actions comme se magasiner des armes et des fausses identités. Non seulement ça n’est pas arrivé comme on se l’attendrait : «Bien sûr qu’on les a foutu à la porte et qu’ils sont maintenant poursuivis en justice et font face à la prisonBiens sûr!»  Non seulement ça n’est pas allé de soi…  Mais à ce stade, je me demande surtout si on ne s’est pas complètement enlevé le droit de même penser faire une telle chose.

C’est de cette manière que survient la fin d’une mouvance historique.  C’est de cette manière que meurt un peuple, et avec lui la mémoire de la multitude d’individus qui y ont participé.  Que ceux qui y militent en soient au moins conscients.

Dans une discussion récente sur la laïcité, j’ai avancé mon argument habituel. Soit que l’exacerbation des identités sur la place publique, spécialement les identités religieuses, est contraire à l’esprit civique. On ne fonde pas un pays sur des identités différenciées, claniques, qui mènent inévitablement à la confrontation.

Ce n’est pas la raison qui guide les identités, mais l’affect. Et l’affect ne connait que les modes «repos» et «enflure». Alors quand vient le temps d’informer les normes dans nos relations sociales, c’est à la raison et à la neutralité identitaire qu’il faut en appeler.

Bref. On m’a répondu que «c’est l’intolérance qui mène à la guerre».

L’intolérance mène à la guerre, mais ça veut dire quoi ? Ça ne veut rien dire comme analyse. Ça nous instruit autant que de dire : «sa violente réaction aux arachides est due à son intolérance aux arachides»…

Le vrai problème, la vraie question analytique, c’est qu’est-ce qui cause l’intolérance ? Et c’est là que les esprits s’emballent. On cherche tout de suite des coupables : les discours populistes, l’économie, les politiques de droite, les inégalités, l’environnement, etc. Si possible, on cherche une grande intuition vague. On cherche surtout une grande cause qui nous tient à cœur et sur laquelle on peut, sans trop de préparation, discourir dans les journaux et les débats académiques.

L’intolérance n’est pas une cause. Elle est un résultat. Bannir l’intolérance, la censurer, la combattre… sont des idées qui n’ont absolument aucun sens du point de vue rationnel. C’est combattre des symptômes. Ça n’a que la valeur d’un remède homéopathique.

Quelles sont alors ces causes dont l’intolérance est le symptôme ? L’humain, tout simplement, est la cause. Notre biologie, notre psychologie, puis surtout ici notre sociologie. À chaque niveau d’analyse de la réalité humaine, on rencontre les conditions qui mettent en place l’intolérance religieuse et la méfiance clanique.

Je ne veux surtout pas «tolérer» mon voisin. Je ne veux pas non plus l’accepter ou l’aimer. Je veux pouvoir faire société avec lui, faire pays. Je veux qu’il me rejoigne dans la marche de l’Histoire. Je veux qu’il partage mes souvenirs et veuille avec moi en créer pour de futures générations. Je veux créer des alliances stables et durables avec lui.

Je ne lui demande qu’une chose. Quand on se rencontre dans la rue, dans le quartier, dans la cité, qu’il ne me dise pas d’emblée qu’il fait partie d’une communauté exclusive dont les dogmes me considèrent comme trop impur pour jamais ne serait-ce qu’en devenir membre honoraire. Qu’il ne me rappelle pas à tout moment, par ses signaux extérieurs, qu’à ses yeux ma bouffe est impure, que mes pratiques sont hérétiques et que ma blonde est impudique.

Surtout, qu’il ne me dise pas d’emblée que jamais ses enfants n’auront la permission de fréquenter les miens, dans l’espérance qu’il en survienne parfois des unions. Car c’est là le rejet ultime, non pas seulement de qui je suis, mais de tout ce que je, et nous, pourrions être.

Quand je vois se multiplier ce phénomène dans mes quartiers, je me trouve agressé dans ma sociologie.

Parce que l’exubérance identitaire religieuse n’est jamais, par définition, personnelle. Elle est toujours communautaire.
Quiconque ne comprend pas ceci devrait à tout jamais se taire sur toute question de société.


















Couillard est très précisément la raison pour laquelle il nous faut atteindre l’indépendance.

De Durham à John A. Macdonald, de Jean Lesage à Bourassa, puis à Jean Charest et à Couillard…, toujours en déclin, ce que nous offre le Canada comme partnership cache de plus en plus mal sa volonté d’hégémonie continentale de la langue et des politiques anglaises.  À chaque nouvelle génération de politiciens fédéralistes, la mascarade d’un beau grand Canada où les 2 langues sont autant respectées continue de se dévoiler.  Tandis que la population canadienne cache toujours aussi mal son dédain de la différence culturelle.  Certes, les lois fédérales «protègent nos statuts et nos droits linguistiques»…  Comme si ça avait déjà intéressé quiconque à l’Est ou à l’Ouest, mis à part une élite canado-ontarienne de gauche, sorte de «clique du Plateau» pan canadienne.  Mais ça frustre au contraire tous les autres canadians.

Couillard est le meilleur argument pour l’indépendance du Québec précisément parce qu’il personnifie enfin, dans son incarnation humaine la plus consubstantielle du fédéralisme ottavien, ce provincialisme normatif imposé par le mode intellectuel anglo-canadien : c’est-à-dire le modèle impérialiste anglo-saxon classique.

Couillard incarne le manque de confiance en soi et le désir d’être autre pour exister.  Ce qui est précisément la faiblesse qu’exploite toujours l’impérialisme culturel.  Quand il ne dénonce pas outrageusement le «repli identitaire» dès que nous nous affirmons comme nation.
Fort de ce mandat, Couillard n’incarne tristement que la corruption des plus basses expectatives en nous.  Et ça semble lui suffire maintenant qu’il aura été premier-ministre.  On dirait déjà, dans son détachement, qu’il se prépare à passer à autre chose.

En termes d’aspirations existentielles pour nous, surtout en termes d’aspirations intellectuelles, Couillard n’est qu’un kamikaze fédéraste.  Ses derniers bredouillements, confus et haineux, à propos du Parti québécois et de la CAQ ne démontrent qu’une chose (qu’on savait pourtant déjà depuis son départ du gouvernement Charest et ses autres entreprises) : il n’a aucune empathie morale.

C’est un handicap important et c’est à prendre très au sérieux.  Mais ça disqualifie pas mal quelqu’un d’être premier-ministre d’une nation comme le Québec.

Rationnellement, logiquement, on se dirait que les tactiques libérales canadians ne devraient pas avoir grand impact sur nos vies.  Sauf qu’elles en ont.  Les libéraux, tant du PLC ou du PLQ ne se perçoivent jamais que comme les avant-postes coloniaux de la conquête continentale britannique dans ce dernier territoire: conquis, mais encore incomplètement occupé.

Là où The Gazette de Montréal pouvait plus aisément appeler au meurtre et à la déportation des Canadiens-français il y a quelques décennies, maintenant la tactique a changé.  Selon le bon manuel impérialiste anglo-saxon, il suffit de diviser pour mieux régner.

Ségréguer des «communautés» fictives, les rendre homogames et repliées sur elles-mêmes.  Prôner la transfrontiérisme tout en militant pour le «droit» des individus à toujours plus se définir communautairement.  Encourager les minorités à toujours revendiquer plus, à culpabiliser les majorités, pour enfin récolter tous les fruits de l’indignation dans des buzzwords et autres produits culturels à vendre sous forme de casquettes et de trends à suivre.  Sur Amazon en anglais.

On aurait pourtant pu être quelque chose…  Quelque chose comme un grand peuple.
On ne demande pas beaucoup.  Juste d’exister.  De renouer avec les peuples qui nous ont accueillis ici.  D’occuper ce beau territoire de manière à bien le léguer à nos enfants.  De bien y accueillir les nouveaux arrivants.
D’offrir à nos enfants et à nos descendants une belle culture commune en héritage.

Couillard ne comprend pas ça.  Ni Ottawa.  Ni Justin Trudeau.  Ni le Canada.

Couillard symbolise carrément cette incompréhension de qui nous sommes.






















 

ALLERTE DE MICROAGGRESSION!
Si vous prononcez mal le nom exotique d’une personne, c’est du racisme :
Mispronouncing Student’s Name Now Considered a ‘Microaggression’


Des fois, je rêve de retourner vivre en Asie pour essayer d’exporter là-bas toute ces idées de « microaggressions », juste pour voir comment ça colle…  Je suis certain que ça favorisera mon intégration et conduira à des relations harmonieuses : à une meilleure société, surtout pour eux.

Comme par exemple, me réinstaller à Bangkok et nommer mon enfant Jean-Ferdinand, pour ensuite traiter tout le monde de raciste quand ils le prononcent Jang-Fendinang.  De manière générale, crier à la discrimination et traiter de tous les noms quiconque me rappelle de quelque manière que je suis en minorité statistique, même quand c’est tout à fait innocent et sans malice de sa part, voire bienveillant.
Je compte insister en permanence sur le fait que je sois partie d’une communauté à part (le thème le plus fourre-tout de la décennie !)  Puis perdre patience et organiser des manifestations au moindre écart de langage ou d’arrière-pensée.

Bref, si je retourne un jour passer la fin de ma vie en Asie, j’y amènerais cette posture.  Puis j’enseignerai à mes enfants cette attitude.

Je n’essayerai surtout pas, comme la dernière fois, de me faire l’apprenti, l’ignorant culturel que j’ai été.  Celui qui amène dans son bagage sa propre culture, mais qui ne demande qu’à s’instruire.  Pas juste comment trouver une job, mais apprendre les codes de ce qui fait vibrer la majorité ambiante.  Apprendre pour pouvoir vibrer avec elle de mes propres cordes.
Ça serait trop réac comme attitude.




















 

Je ne savais pas trop quoi penser du Brexit jusqu’à présent.

Ça tourne à la comédie d’erreurs. C’en serait drôle, sauf que c’est extrêmement sérieux. Quoique beaucoup moins dramatique qu’on le répète au téléjournal.

Au final, je trouve le résultat de ce vote référendaire des plus intéressants.
On regarde en direct un vieil empire se dépêtrer dans ses contradictions politiques internes. Il était temps! C’est arrivé aux Égyptiens, puis aux Romains, aux Mérovingiens, aux Espagnols, aux Français, puis maintenant aux Anglais…
L’Empire se rétrécit de toutes parts. Alors c’est très bien ce vote ambigu. Je fais le pari qu’ils trouveront une façon de s’en sortir politiquement. Ce sont les Anglais après tout. Ce sont les mêmes qui, en réponse à la Révolution française, tuèrent leur propre roi puis en réinstaurèrent un nouveau, comme compromis…
Puis ce vote, ça nous fait parler de souveraineté des nations. Ça fait ressortir tout plein de fractures sociales. Comme ça pousse toutes sortes d’entrepreneurs identitaires, qui prétendent tous parler au nom de toutes les «communautés» imaginables, à se manifester. C’est très bien qu’ils crient leurs causes. Ça les expose.
Enfin, ça nous fait au moins parler du peuple. Et c’est le peuple qui en parle, surtout.
C’est sain.
Je ne crois surtout pas que cette Europe qu’ils ont construite puisse se vanter d’être l’antidote aux guerres, comme ils nous en chantent les louanges.
L’Europe, la vraie Europe, a déjà son antidote aux guerres mondiales.  Elle a vécu 2 guerres mondiales.
Ils voudraient nous faire croire que ce sont leurs constructions technocratiques qui nous sauvent de nous-mêmes. Personnellement, j’ai toujours un doute quand les discours humanitaires empruntent le langage de l’extrême-gauche identitaire, mais qu’ils nous soient servis par des banquiers, des avocats et des politiciens de carrière.
Les peuples parlent, en ces moments historiques.
Il faut les écouter.
Yann
———————————————————–
———————————————————–
L’Europe
Les sangliers sont lâchés
Je répète :
Les sangliers sont lâchés.
Les petits patrons font les grandes rivières de diamant.
Deux fois.
Les roses de l’Europe sont le festin de Satan.
Je répète :
Les roses de l’Europe sont le festin de Satan.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Voire pour le monde.
Chère vieille Europe, cher vieux continent, putain autoritaire,
Aristocrate et libertaire, bourgeoise et ouvrière,
Pourpre et pomponnée de grands siècles et colosses titubants.
Regarde tes épaules voûtées, pas moyen d’épousseter d’un seul geste,
D’un seul, les vieilles pellicules, les peaux mortes d’hier et tabula rasa…
D’ici on pourrait croire à de la pourriture noble et en suspension.
Il flotte encore dans l’air de cette odeur de soufre. Sale vieille Europe,
Celle qui entre deux guerres et même encore pendant caressait pour son bien
Le ventre des pays de ses lointains ailleurs et la bite à la main
Arrosait de son sperme les sexes autochtones.
On se relève de ça ? On se relève de tout même des chutes sans fond.
Nous avons su monter nous avons su descendre, nous pouvons arrêter
Et nous pouvons reprendre…
Europe des lumières ou alors des ténèbres ;
À peine des lucioles dans les théâtres d’ombre.
A peine une étincelle dans la nuit qui s’installe et puis se ressaisit,
Et puis l’aube nouvelle, après les crimes d’enfance,
Les erreurs de jeunesse on n’arrache plus les ailes des libellules d’or.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Voire pour le monde.
Amnistie, amnistie ou alors amnésie, qu’est-ce que vous volez que ça foute,
De toutes façons il faut bien avancer, pressons le pas camarade
Et puis réalisons, réalisons, il en restera toujours quelque chose allez !
Matérialiste alors ça fait qu’au moins on est sûr de n’pas de tromper,
Et du tangible alors jusqu’à l’indigestion, du rationnel alors
Et jusqu’à en crever, des logiques implacables mais toujours pas de sens…
Eh princesse de l’Histoire dans sa marche forcée,
On finit par se perdre en passant sous tes arches multiséculaires.
Voire pour le monde.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
On est passé de tes arcanes passés, passé de tes arcanes passées,
On est passé de tes arcanes passés, aux charmes technocrates…
Alors l’Europe alors l’Europe alors l’Europe.
Bruxelles, Schengen, Strasbourg, Maastricht, PIB, PIB, CEE, Euratom, OCDE et GATT.
Protégez-nous marché de cet AMI commun d’un monde si petit.
Euromonnaie unique, Nasdaq et CAC 40, orgiaque, idyllique, faites de la poésie,
Soutenez la culture, produisez du spectacle et de l’Entertainment
Comme on dit chez nos frères d’Outre-Atlantique et toc anciens Européens,
Nouveaux maîtres du monde pendant que le dragon asiatique rêve, fait ses étirements,
Il est beau et puissant, crache du feu gentiment.
Pendant qu’Ernest Antoine Seillière fait son apparition et nous déclare sa flamme
Il nous aime et nous dit :
 » Nous ne sommes pas comme les politiques soumis à la pression de la rue. « 
Et on entend au loin résonner les clameurs de la foule,
Les beaux mouvements d’ensemble, les défilés glorieux et puis la lutte des classes.
Et maintenant c’est sérieux, eh bébé, c’est sérieux, on ne croit plus en rien,
Nous montons de toutes pièces ce business et Basta, on ne chevauche pas Pégase
Ça c’était pour l’extase c’est fini.
Extension, expansion si possible, mais pas de rêve à porter seulement des dynamiques.
D’abord la thune, bébé et le reste suivra et le reste viendra c’est ce qu’on dit
Je crois en cette époque-là bénie des Lotophages.
Chère vieille Europe, ta tête connaît à peine tes jambes qui souvent
Ne comprennent pas tes bras comment ça marche encore déjà.
Comment ça marche un corps étranger à son corps on n’sait pas on s’en fout
On s’embrasse quand même et puis on a raison.
Sale vieille Europe, te souviens-tu de la force brutale, occident mal luné,
Guerre brûlante, guerre froide, et enfin de guerre lasse et enfin de guerre lasse.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
En veux-tu en voilà des écoles de la performance et voilà des patrons
Créateurs du Global business dialogue ou Électronique commerce
Pour s’asseoir en gloussant sur toutes les exceptions à commencer
Par ce truc machin culturel.
Histoires de producteurs et de consommateurs, du producteur au consommateur,
Du producteur au consommateur, et des intermédiaires à plus savoir qu’en foutre,
Toute ton âme s’est usée sur ce chemin sans fin et sur ce va et vient on y va,
Nous aussi, profiter, pas de raison, après tout ça ira,
On n’en aura pour tout le monde, y’en aura pour tout le monde,
On a dit pour tout le monde, pour tout le monde, pour tout l’monde et mon cul !
A quelle hauteur vas-tu ériger tes remparts ?
Où vas-tu repousser tes nouveaux murs d’enceinte ?
Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous voulons cracher
C’est la moindre des choses mais vous pouvez, madame,
Vous adressez à nous car tout n’est pas perdu non tout n’est pas perdu
De vos mythes d’aurore ici le soleil brille pour tous et on y croit.
Nous travaillons actuellement pour l’Europe.
Voire pour le monde.
Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous voulons cracher
C’est la moindre des choses mais vous pouvez, madame,
Vous adressez à nous car tout n’est pas perdu non tout n’est pas perdu
De vos mythes d’aurore ici le soleil brille pour tous et on y croit.
La vérole sur vos gueules
Je répète :
La vérole sur vos gueules.
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée
ne sont plus entendus au banquet des banquiers.
Une fois.
La marmite de l’ermite est remplie de rubis.
Je répète :
La marmite de l’ermite est remplie de rubis.
La vieille Europe est la maquerelle des ballets roses.
Deux fois.
Quand les sirènes se taisent, les rapaces gueulent.
Le rouge et le noir des tortures sont les fleurs du mal.
Je répète :
Le rouge et le noir des tortures sont les fleurs du mal.
Le jour de l’Occident est la nuit de l’Orient.
Deux fois.
Le jour de l’Occident est la nuit de l’Orient.
Je ne suis pas chauvine mais la France est quand même la reine des fromages.
Typhon Tournesol est un zouave.
Six fois.
Le sang versé est la tasse de thé des géants de la foire.
Deux fois.
Il pleut des cordes sur la Concorde.
Il pleut des cordes sur la Concorde.
Les petites filles modèles sont les élues de l’Europe.
Je répète :
Les petites filles modèles sont les élues de l’Europe.
Merde à la sûreté.
Deux fois.
La folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
Je répète :
La folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
Si vous ne trouvez plus rien cherchez autre chose.
Paix en Suisse.
Je répète :
Paix en Suisse.
Les noces de sang incendient l’horizon.
Deux fois.
Le rimmel de l’Europe coule sur les plastrons.
Deux fois.
La vie commence maintenant, et maintenant, et maintenant.
L’Europe est une petite déesse mortelle.
Deux fois.
L’enfance de l’art est un lever de soleil.
Je répète :
L’enfance de l’art est un lever de soleil.

Nous travaillons actuellement pour l’Europe…

———————————————————-