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Laïcité

Un ami racontait une anecdote qui m’a rappelé quelque chose.
Il racontait qu’en visite à la maison de retraite de sa mère, il s’est présenté à une préposée voilée en lui annonçant d’emblée qu’il est athée. Il lui a expliqué ensuite que si elle insistait pour annoncer ses croyances à tout le monde avec son voile, il se sentait alors légitimé de lui annoncer les siennes, y compris le fait qu’il croit que l’islam est une croyance débile. (Prévisiblement, ça lui a valu une plainte à la directrice et des accusations d’intolérance.)

Ça m’a rappelé que j’avais créé, il y a quelques années, la page « Laïques ostentatoires » avec exactement cette logique en tête. J’y proposais que tous les laïques se fassent imprimer des chandails annonçant leurs croyances (ou absence de) bien visiblement et de manière provocante.

On peut penser ce qu’on veut de ce que la liberté de religion implique en ce qui a trait à l’ostentation religieuse. Il demeure un fait de base : faire étalage de nos croyances contradictoires à tout moment en public est toujours, partout, une recette pour la division et la discorde. (D’ailleurs, je suis certain que les mêmes qui traitent les femmes voilées comme de pauvres bébés phoques seraient les premiers à me condamner pour provocation si je portais un de mes chandails…)
Et ça se vérifie partout où c’est justement la norme de parader ses croyances, depuis ses vêtements jusqu’à son lunch. Prenez n’importe quelle société où on peut d’un coup d’œil savoir à quelle tribu appartient chaque individu, et vous rencontrerez invariablement des conflits intercommunautaires.

C’était pourtant la grande réalisation de la civilisation occidentale que d’avoir trouvé un compromis entre liberté de croyances et harmonie sociale. (Que ça ait été explicite, comme en France, ou implicite ailleurs.)

Quelle tristesse de voir aujourd’hui des gens nous ramener en arrière, simplement parce qu’ils ne savent pas s’extirper des conflits tribaux d’où ils viennent. On en voit d’ailleurs les conséquences avec tous les débats, divisions et tensions dans lesquels ils ont su nous plonger depuis 15 ans. Et une encore plus grande tristesse de voir des occidentaux, laïques de facto qui, tels des militants anti vaccination contre les religions, c’est-à-dire des militants anti-laïcité, qui ont perdu de vue les avancées de leur propre civilisation et qui se laissent berner par les chimères de la « discrimination » et de l’ « islamophobie ».

Triste.

 









 

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Quelqu’un fait remarquer que Macron s’adresse à la nation en disant « peuple de France ». Et que cette expression est un glissement sémantique depuis « peuple français ». J’ajoute que ce devrait être simplement « Français ». (Ou comme au Québec : « Français et Françaises ».)

Mais nos écervelés d’antifas, anti réacs, anti colonisation, anticapitalistes, anti mixité raciale, anti système, anti laïcité, anti-ci et anti-ça.  Ils ont convaincu bien des intellectuels en manque de renom à nous faire croire que le « nous » est toxique.  Même qu’il n’existe pas.

Dire « nous Québécois » ou « nous Français », ou autre, n’a rien de raciste ni de colonialiste. (Pour ce que ça peut bien vouloir dire dans le contexte actuel…) Ça n’a même rien d’exclusif, ni encore moins de dominateur.
Bien sûr que des excités vont te dire que tu es un « tu » puis un « vous » à cause de la couleur de ta peau ou de ton accent, de ton nom. Mais tout le monde est d’accord que ce ne sont que des caves!  Et ces mêmes caves me sautent dessus autant que sur toi, même si mes différences ne sont qu’intérieures.  C’est des caves.

Ce qui compte, c’est ce comment l’ensemble de la société réagit à de telles agressions. Et le fait qu’elles sont en constante baisse.

Quand je dis « Québécois ». Quand je dis « Nous ». J’en appelle à mes frères de sang bien sûr, qui spontanément se rappellent les mêmes souvenirs que moi.
Mais j’en appelle aussi bien sûr à toi qui débarque et qui dit : « Hey, comment je peux rentrer dans la gang? ».  J’en appelle à toi mon voisin aux souvenirs d’enfance différents, mais humainement reconnaissables : si on s’accorde au moins sur un langage commun.

Toi qui ne me rejette pas sur la base de mes origines ou d’une autre catégorie quelconque.  Mais toi qui reconnait que les origines historiques de ce territoire existent. Et que ses héritiers demandent un engagement, une promesse morale envers leur mémoire, afin qu’ils puissent se permettre de t’accueillir dans leur « nous ».

Un pays, c’est un territoire, une population et une histoire.  C’est une perpétuation.

À toi l’étranger, de fait ou de sentiment.  Je te léguerai ma terre. Si au moins tu t’engages à y inscrire et à y perpétuer ma mémoire : à titre d’ancêtre, à titre de famille.

Si tu me promets que tes enfants auront le droit de marier les miens.
Je te donnerai mon âme, ma langue.

Si vous ne pensez pas que ça aille mal pour l’occident. Si vous ne capotez pas à constater qu’une certaine gauche radicale ait colonisé d’abord la gauche traditionnelle, et puis tout le débat public. Si vous trouvez intéressantes, voire nécessaires les conversations incessantes sur l’identité, la laïcité, sur le féminisme ou le transgenrisme, sur la liberté d’expression et sur le racisme « systémique »… Si vous ne vous inquiétez pas d’où on s’en va collectivement, c’est-à-dire comme peuple historique et territorial.

Considérez seulement ceci :
Non seulement nous n’avons même plus le réflexe primaire, comme société, comme adultes, de ne serait-ce que congédier de leur job au salaire minimum des employés d’aéroport qui se masturbent sur des vidéos de propagande djihadiste et qui ont amorcé des actions comme se magasiner des armes et des fausses identités. Non seulement ça n’est pas arrivé comme on se l’attendrait : «Bien sûr qu’on les a foutu à la porte et qu’ils sont maintenant poursuivis en justice et font face à la prisonBiens sûr!»  Non seulement ça n’est pas allé de soi…  Mais à ce stade, je me demande surtout si on ne s’est pas complètement enlevé le droit de même penser faire une telle chose.

C’est de cette manière que survient la fin d’une mouvance historique.  C’est de cette manière que meurt un peuple, et avec lui la mémoire de la multitude d’individus qui y ont participé.  Que ceux qui y militent en soient au moins conscients.

On parle beaucoup de la liberté d’expression soudainement. Des gens de droite ou conservateurs qui se font violemment chahuter jusqu’au silence, d’humoristes poursuivis ou assassinés, des radios poubelles, de pages bannies sur Facebook, de caricaturistes rabroués, d’auteurs anglos frustrés…

Il y a une différence fondamentale à faire. Se plaindre n’est pas de la censure. Se plaindre avec de la menace l’est; que la menace soit juridique ou physique. Édicter des règles d’expression bannies, puis annoncer les punitions contre les contrevenants l’est encore plus.
Condamner, punir et bannir.

De nos jours, on joue l’approche moralisante. «On ne devrait jamais dire ceci, c’est condamnable de dire cela, un tel est un sale ***** d’oser penser ça»…
C’est agaçant, mais c’est aussi ça la liberté d’expression.

Sauf que cette indignation moraliste-là, tout en ne s’appuyant que sur des constructions alambiquées de pseudo sciences sociales, a déjà commencé à occuper le terrain législatif. On parle aujourd’hui de motions diverses et de créations de comités, voire de commissions d’enquête, etc. On aurait tort de ne pas y voir de très mauvais augures pour de futures lois.

































Il faudrait peut-être remettre certaines choses en perspective.

À tous les jours, des gens se voient dénoncés comme «islamophobes» sur le web et dans les médias.  Et à tous les jours, des gens étiquetés publiquement comme «islamophobes» sont menacés de mort et tués par des islamistes.

Parmi ceux qui les étiquettent d’«islamophobes», on retrouve pas mal de pseudo-intellectuels bien-pensants et vertueux qui ne risquent, eux, que des «micro-agressions» sur leur page Facebook.





















 

J’ai grandi dans une paroisse, qui est devenue un quartier. Ça ressemble aujourd’hui à un dortoir, mais à l’époque c’était pas mal cool.
La petite gang: Luis, Mehdi, Simon (qui était anglais et qui nous faisait bidonner à chaque fois qu’il disait des trucs comme «je suis sur le téléphone»). Puis les autres, comme Piotr, Manu, Algary….

Pour le reste, on regardait tous des Passe-Partout et des films de Bud Spencer, qu’on imitait.  On regardait CHiPs, Goldorak et des séries de sci-fi comme Galactica. Nos parents venaient de différents coins du globe, puis de différents coins du pays. On s’en foutait pas mal en fait. Je savais qu’un était « Portugais », l’autre « Algérien » ou « Polonais », et ça m’intéressait évidemment, moi qui voulait tellement voyager.

Sauf que quand on jouait entre nous, loin de l’influence des parents, on était juste une gang de petits Québécois. Dans la paroisse St-Albert-le-Grand, puis dans le quartier Maisonneuve, à l’ombre du Stade, en passant devant l’église pour se rendre à la cour d’école, quand on n’explorait pas le champ «sauvage» des Shop Angus…

Aujourd’hui, tout ça, le fait qu’on ait tous écouté Passe-Partout ensemble et que ça nous ait donné un ciment inclusif des plus solides pour apprendre à communiquer et à jouer ensemble, entre nous. Tout ça, de manière la plus perverse, ils, les soi-disant «antiracistes» d’aujourd’hui, ils appellent ça du «colonialisme» et me somment de m’en repentir…

Je vous dis simplement Fuck you.
Nous au moins, on a appris à jouer ensemble. Puis à étudier ensemble. Puis à travailler ensemble. C’est ça mon Québec.
Ce n’est pas ce Québec progressiste et soi-disant «antiraciste» qui encourage chaque «identité» à se ségréguer dans sa différence.

Mon Québec à moi, il te dit de cesser de faire suer tout le monde avec tes différences et les accommodements que tu exiges de moi dès que tu débarques, ou pas longtemps après.
Tu as choisi — et tu continues de choisir si tu es né(e) ici — une société qui fonctionne mieux qu’il y a 50-60 ans parce qu’elle a choisi d’être laïque, et qui réaffirme ce choix de manière largement majoritaire à chaque fois qu’on lui demande.

Alors c’est toi qui fait le chien dans un jeu de quilles ici.
Tu revendiques de porter en tout temps un uniforme religieux, communautaire et identitaire, dans une société sécularisée et anti-tribale?  Tu revendiques que la société soit en permanence à l’affut de tes frustrations sociales, alors que tu te définis d’abord par ta différence? Tu nous accuses de ne pas suffisamment t’intégrer, pendant que toi tu n’appelles «frères» et «sœurs» que ceux qui partagent ta foi, tandis que tu interdis à tes enfants de marier les miens?…

Tu sais quoi? Toi qui me conchies avec tes micro-agressions à la sauce pseudo-scientifique, qui masquent mal que tu ne fais qu’habiller de verbiage ta propre haine, dont celle de toi-même…
Va te faire foutre.

Moi, je retourne jouer avec Mehdi, Luis, Algary, Piotr, Phong, Simon, Marisol et la gang. Il est là mon Québec.


















In response to this:
Washington Post, Why is it Progressive Quebec has so many shootings?

I am what you could call a “Quebecois nationalist”.

This word, “nationalism”, means many things in today people’s heads. Including an automatic association with the far right for many, who always fear the sudden return of the 1930s. In my case, it simply means that I quite like my little nation and think it worthy enough to continue persisting into History. I do not think that Quebec is in any way perfect, nor a superior nation or culture, and I acknowledge all its flaws. In fact, I am at any moment 100 times more critical of this society and its people than any outsider could ever be. Even the ones who hate us so much that they would take time in their lives to write a litany of libelous half-truths about us and have it published in a major American newspaper. I am still unimaginably more vicious than he will ever be, even in his dreams, when I decide to judge and condemn my own politics, culture and history, because I actually know and understand them.

In these days of tragedy, you will understand that it is painful to call oneself a Quebecois, even for someone like me. But still, I wish that we could have had at least been left to mourn a couple of days before someone jumped on the occasion to cynically use this unqualifiable human tragedy as an excuse to pile up more hate on us.

Hate exists here, as it does in every society. Put any 10 people together, and sure enough 1 or 2 will reveal themselves to be haters, and too often they will sway 3 or 4 more to their views.
I have brushed with hate on a few occasions, starting from my youth. If you remember the late 80s, early 90s, you will recall how they were discovering neo-Nazi para-military training camps across the USA. Here in Quebec, I do not know that it ever got that far (although it could have, I am certain). As a pacifist, I managed to get beaten up by skinheads who didn’t like my appearance or my views on a couple of occasions. (I learned to run really, really, fast in those days!)

One thing that I did learn from such people, because on a couple occasions I managed to have a conversation with them, is that they all have one trait in common. And this has proven true long after the skinheads of my youth thankfully faded into the decor. In all of the conversations that I’ve had with haters, may they be racists, xenophobes, misogynists, religious fundamentalists, far right or far left extremists, anti this or that… They invariably cling to their own sets of facts and are very proficient at cherry picking. Just as much as you can count on a skinhead to cherry pick the news for crimes committed by Afro-Canadians, you can also count on a Francophobic seemingly intellectual racist to show a profound confirmation bias. (That is, the psychological mechanism by which one only remembers events that favour their theses and disregards the ones that contradict them.)
As such, I invite everyone to consult the Wiki page in the link below. I hope that you will at least get a glimpse of how J.J. McCullough’s article is nothing but heavy cherry picking with the intention of defaming.

I especially hope that you will question how easy it seems to be, in American and Canadian media, to smear and defame the French-speaking component of this continent. If, as a litmus test, we were to compare with what someone can or cannot say about other groups such as Jews or Afro-Americans without risking one’s career and reputation, then we must conclude that racism against the French gets a free pass.

How was it possible for Mordechai Richler to have his rancid, Anglo-supremacist rhetoric, peppered with objective falsehoods, be published unchecked in The New Yorker in 1991? How was it possible for Jan Wong to have her spurious theories published in a major Canadian newspaper? How is it still possible for Howard Stern to be on the air, when he would have been whacked out of a career had he said a quarter of what he did about the Jews instead of about French-Canadians?

How is it possible that French schools were outlawed everywhere in Canada and the USA for centuries, in an effort to solve “the French problem” by forced assimilation, without anybody outside Quebec ever talking about it: As if it never happened? How could anyone forget that not so long ago, 1 in 2 English-Canadian man was affiliated with an Orangist lodge, while our own Canadian version of the Ku Klux Klan burned crosses: Not on Afro-Canadian families’ lawns, but on those of French-speaking Catholics?
How can anyone dare call Quebec’s language laws “supremacist”, when a qualified French-speaking engineer in my father’s generation, in the 1970s, would systematically be told “Sorry we don’t hire French-Canadians!”, if he dared apply for a job at any English owned firm in Quebec?
You want to talk about supremacism?  When, up to until my grand-father’s generation, all uneducated labourers in any given English owned company in Quebec had to self-teach themselves English, for the only reason that their bosses would never lower themselves to learn the language of their employees?  Add that those employees were punished with fines on their meagre pay for getting caught speaking French among themselves.
Explain to me how is it that large French-speaking populations, from Louisiana to Detroit and to the Canadian West Coast, were beaten up and ostracized into not transmitting their language to their children.  Them who toadya do not even know what their own surnames mean, when they are called Frenette, Trudeau or Leboeuf.

(Yet, I guess that we should count ourselves lucky in one sense. Even though the English constantly referred to us as “the French race” for most of our shared History, it seems that we were white enough in their eyes to have been spared the fate that they reserved for the Native peoples…)

You want to call us racists? When it is in Quebec that you will find the highest rates of international adoptions and mixed-race couples? When it is here that you will find the least hate crimes year after year? You want to call us anti-Semites, when it is French politicians in Quebec who were the first to grant Jews the right to vote in all of the British Commonwealth (in 1831), and while until not so long ago, only French universities would accept them? You want to call us racists, when every single week, Canadian newspapers publish op-eds describing Quebec, its culture and people as “corrupt”, “tribal”, “backwards”, “undemocratic”, “intolerant”, “racist”, if not outright “fascist”? When the time comes to smear this whole society, it seems that no hyperbole is ever too exaggerated.  And it is exactly such language that can directly explain at least a couple of the massacres that have happened in Quebec as of late.

None of this, of course, lessens the horror that took place in Quebec city. That it took place here shames and saddens all of us, as Quebecois, as Canadians, as North Americans, as Westerners and as Humans.  The massive outpouring of grief and denunciation from all corners of society demonstrates that fact. And nobody is claiming that this society is perfect or that it doesn’t have its share of idiots, of failed individuals, including savage and murderous ones. But to take this “opportunity” to score cheap heinous points on our back…  It is nothing less than cynical and vile, when our eyes are still blurry from the tears.  Shame on the Washington Post for having given a loudspeaker to this hateful character.

Someone would have to be in deep denial, since at least the last 15 years, not to understand that there is a growing problem involving religious, and especially Islamic fundamentalism, as well as the xenophobic far-right response to it; everywhere in the Western World and beyond. This tragedy against Muslims happened here first.  But nothing says that it could not have happened in the USA, which objectively produces more hate crimes than Quebec ever could, and as Charleston and Orlando reminded us again recently. Or it could have happened in Europe, where again yesterday an Islamic fanatic attacked military officers, and while right-wing mobs regularly torch down Syrian refugee centres.

Quebec society has started its introspection following last weekend massacre, as every Western society must do in this era of ethnic and especially religious tensions. Quebec, or French-Americans, are not shielded from this world. No more than we can be made to be a special exception to it, as only a deeply racist mind would claim.
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Wikipedia,: List of massacres in Canada:
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_massacres_in_Canada