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Communautarisme

Un ami racontait une anecdote qui m’a rappelé quelque chose.
Il racontait qu’en visite à la maison de retraite de sa mère, il s’est présenté à une préposée voilée en lui annonçant d’emblée qu’il est athée. Il lui a expliqué ensuite que si elle insistait pour annoncer ses croyances à tout le monde avec son voile, il se sentait alors légitimé de lui annoncer les siennes, y compris le fait qu’il croit que l’islam est une croyance débile. (Prévisiblement, ça lui a valu une plainte à la directrice et des accusations d’intolérance.)

Ça m’a rappelé que j’avais créé, il y a quelques années, la page « Laïques ostentatoires » avec exactement cette logique en tête. J’y proposais que tous les laïques se fassent imprimer des chandails annonçant leurs croyances (ou absence de) bien visiblement et de manière provocante.

On peut penser ce qu’on veut de ce que la liberté de religion implique en ce qui a trait à l’ostentation religieuse. Il demeure un fait de base : faire étalage de nos croyances contradictoires à tout moment en public est toujours, partout, une recette pour la division et la discorde. (D’ailleurs, je suis certain que les mêmes qui traitent les femmes voilées comme de pauvres bébés phoques seraient les premiers à me condamner pour provocation si je portais un de mes chandails…)
Et ça se vérifie partout où c’est justement la norme de parader ses croyances, depuis ses vêtements jusqu’à son lunch. Prenez n’importe quelle société où on peut d’un coup d’œil savoir à quelle tribu appartient chaque individu, et vous rencontrerez invariablement des conflits intercommunautaires.

C’était pourtant la grande réalisation de la civilisation occidentale que d’avoir trouvé un compromis entre liberté de croyances et harmonie sociale. (Que ça ait été explicite, comme en France, ou implicite ailleurs.)

Quelle tristesse de voir aujourd’hui des gens nous ramener en arrière, simplement parce qu’ils ne savent pas s’extirper des conflits tribaux d’où ils viennent. On en voit d’ailleurs les conséquences avec tous les débats, divisions et tensions dans lesquels ils ont su nous plonger depuis 15 ans. Et une encore plus grande tristesse de voir des occidentaux, laïques de facto qui, tels des militants anti vaccination contre les religions, c’est-à-dire des militants anti-laïcité, qui ont perdu de vue les avancées de leur propre civilisation et qui se laissent berner par les chimères de la « discrimination » et de l’ « islamophobie ».

Triste.

 









 

Je connais beaucoup de gens qui votent pour Québec solidaire. En fait, je peux affirmer que la très grande majorité des gens que je côtoie, avec qui je me tiens et avec qui je discute le plus souvent de politique votent Qs (j’habite Gouin!).  Et j’ai aussi des amis qui y militent et qui y ont milité. Moi-même, dans leurs premières années, j’ai connu la tentation Qs. Si ce n’eut été de mon souverainisme affirmé, j’aurais voté pour eux plutôt que pour le PQ lors de certaines dernières élections, ce que je ne peux dire d’aucun autre parti.

Puis j’ai déchanté.

Parmi ceux qui votent toujours Qs aujourd’hui, je vois beaucoup d’humanistes qui s’ignorent. Ils aiment l’Humanité, mais ils l’ont perdue de vue, ont perdu confiance en elle. Alors ils cherchent à la disséquer pour la reconstituer à leur image, à leurs goûts.

J’aimerais aussi croire en Qs, sauf que ce n’est pas affaire de croyance. Chez l’humain, la foi est ce qu’il reste en tout dernier : et Qs se présente comme un article de foi.
J’aimerais aussi jouer la révolution d’un monde vieux, pourri et corrompu à la moelle. Mais la révolution n’est pas un jeu, ni même une joute. Elle est crissement moins romantique que ce qu’en fait ensuite l’Histoire. La révolution est un évènement historique exceptionnel : elle n’est surtout pas un rite de passage générationnel. Elle se fait dans les larmes, et le plus souvent dans le sang. Alors, comme peuple, il faut savoir à quel moment le jeu en vaut vraiment la chandelle.

Qs n’est pas la révolution qui est souhaitable à cette époque-ci de l’Humanité dans son chapitre québécois. Ce n’est pas le parti qui nous mènera aux lendemains qui chantent.
Parlez-en aux Québécois qui étaient là lors de la dernière vraie révolution. Lorsque de jeunes intellectuels ayant investi le pouvoir en place le firent exploser du dedans, et surtout au nom et au profit du plus grand nombre à venir. Parlez-en à ceux qui étaient là au lendemain de la première victoire du PQ, alors qu’à tous les jours ils sentaient le vent changer. Alors qu’à tous les jours, du jour au lendemain, un joug bien réel se fracturait tout autour d’eux.

Leur seule faute fut de ne pas avoir pu concrétiser leur projet jusqu’à sa fin. C’est la seule tache qui ternit le bilan de la Révolution tranquille. Mais c’est une tache indélébile.
Alors ça prendra du temps pour voir à nouveau une telle occasion. Qui sait où ça aurait mené? Qui sait quand ça reviendra et sous quelle forme?

Mais aujourd’hui, la révolution est morte.

Qs n’est pas la nouvelle révolution. Qs n’est que la branche qui a investi la gauche souverainiste pour y inséminer son propre agenda : celui d’un anticapitalisme manichéen. Qs n’est que la minorité qui se définit toujours avant tout par son militantisme effréné et pathologique dans toute population. Qs n’est que la énième manifestation de la haine de soi érigée en force politique. Celle qui prêche l’amour du prochain au même moment qu’elle célèbre toutes divisions. Celle qui rejette le peuple pour lui préférer les communautés. Celle qui débride l’individualisme pour prêcher la soumission aux diktats du groupe. Celle qui, même si elle s’en défend, excuse l’inhumanité au nom de l’Humain…
Au nom de l’humain qu’elle ne désire être qu’elle-même.



































On parle beaucoup de la liberté d’expression soudainement. Des gens de droite ou conservateurs qui se font violemment chahuter jusqu’au silence, d’humoristes poursuivis ou assassinés, des radios poubelles, de pages bannies sur Facebook, de caricaturistes rabroués, d’auteurs anglos frustrés…

Il y a une différence fondamentale à faire. Se plaindre n’est pas de la censure. Se plaindre avec de la menace l’est; que la menace soit juridique ou physique. Édicter des règles d’expression bannies, puis annoncer les punitions contre les contrevenants l’est encore plus.
Condamner, punir et bannir.

De nos jours, on joue l’approche moralisante. «On ne devrait jamais dire ceci, c’est condamnable de dire cela, un tel est un sale ***** d’oser penser ça»…
C’est agaçant, mais c’est aussi ça la liberté d’expression.

Sauf que cette indignation moraliste-là, tout en ne s’appuyant que sur des constructions alambiquées de pseudo sciences sociales, a déjà commencé à occuper le terrain législatif. On parle aujourd’hui de motions diverses et de créations de comités, voire de commissions d’enquête, etc. On aurait tort de ne pas y voir de très mauvais augures pour de futures lois.

































Quand j’ai abandonné ma foi (catholique), il y a d’abord eu l’angoisse, la crainte et la peur. Peur de l’éternité qu’on m’avait promise, mais aussi peur du jugement, du rejet de ma famille et de mes pairs, de mes amis. Ça a duré des années.
 
Lorsque j’ai enfin dit non, je n’y crois plus. Lorsque j’ai finalement admis que je n’y ai jamais vraiment cru parce qu’on n’a jamais fait que m’intimer d’y croire, par douces invitations comme par menaces. Lorsque j’ai fait voler en éclat la dernière résistance de cet élastique mental usé, j’ai senti à la fois une libération et, enfin, une réelle audace de ma part. Comme si je venais de me former une âme, qui m’avait toujours manquée malgré le bain religieux dans lequel on m’avait depuis toujours fait tremper. Puis j’ai ressenti la peur aux tripes du vide… Bref, j’ai ressenti la liberté.
 
Lors de mes premières années de liberté intellectuelle, où j’ai goûté à toutes les formes d’hédonisme, puis durant lesquelles j’ai cherché à me forger une morale et à la tester, je fus le plus vulnérable. À quelques reprises, j’ai failli retomber en religion en écoutant différents apôtres qui sont tombés comme par hasard sur mon chemin. Il aurait pu arriver que je les écoute et que je sois aujourd’hui un protestant ou un luthérien, un juif, quoi que peu probablement, ou peut-être plutôt un bouddhiste. Mais j’ai repassé au travers. Et je suis maintenant plus athée que jamais. Oh combien plus libre!
 
Sauf qu’il y eut ce long passage dans le désert. Mon hédonisme m’a, pendant un temps, conduit à la plus funeste déconstruction que puisse connaitre l’esprit humain: la déconstruction du soi. Je me suis atomisé au point de connaitre des dysfonctionnements majeurs, dans mon esprit et mon corps. J’aurais pu à la fois me rendre à commettre les pires crimes, juste pour voir; comme je ne pouvais plus accomplir les moindres tâches de la vie sans découragement et dédain. Je, vous, n’existions plus. Tout n’était qu’aléas. C’est à ce moment que des recruteurs religieux et identitaires ont le plus tenté de me séduire et de m’intimer.
 
Je demeure reconnaissant envers mon «témoin». Je ne sais comment l’appeler autrement. Cette espèce de voyant rouge qui clignote dans le fond de mon esprit quand on me conte de la bullshit. Le même voyant qui s’allume quand on tente de m’hypnotiser, de m’arnaquer ou de me faire croire que ma logique me trompe.
 
Une question qui m’a aidé à me sortir des limbes où je demeurais, vulnérable aux rechutes, fut celle de la morale. Au même titre que les croyants demandent sans cesse aux athées ce qui les empêche de voler ou de violer puisqu’ils ne reconnaissent aucun jugement éternel…
Ma réponse m’est venue de la connaissance : de la science empirique et matérialiste. Tel un Descartes, j’ai nié tout ce que je pouvais nier. Puis j’ai pris en compte ce que je ne le pouvais pas. Et il n’est resté que l’Histoire.
 
Je ne suis rien. Rien qu’un grain de sable, qu’une goutte dans l’océan, je ne suis qu’un atome dans l’univers… Mais non! Je suis bien plus que ça! Je fais partie d’une chaîne. Je suis relié à mon père comme à mon fils, à mon ex-blonde comme à mon voisin de palier, à l’histoire de ce pays comme au destin de l’humanité, à l’écologie de cette planète autant qu’aux poussières du cosmos…
 
Je sais que si je conchie ma vie, mon fils s’en ressentira. J’ai donc une responsabilité envers lui. Je sais que si je sabote par mes actions ma société, les générations futures en pâtiront et elles n’auront que moi à blâmer. Je sais que si je continue à saloper l’environnement, après peut-être des millions d’années de revitalisation, la terre gardera un souvenir dédaigneux de mes actions. Et si les humains doivent s’éteindre avant d’avoir atteint les étoiles, je sais que c’est mon inaction qui les en aura empêchés. Je suis relié à l’Histoire, et c’est une grande responsabilité.
 
Si vous vous demandez d’où me provient ma morale, c’est de là. Et je n’ai besoin de personne pour m’y ordonner. Je l’applique de mon plein gré.

J’ai grandi dans une paroisse, qui est devenue un quartier. Ça ressemble aujourd’hui à un dortoir, mais à l’époque c’était pas mal cool.
La petite gang: Luis, Mehdi, Simon (qui était anglais et qui nous faisait bidonner à chaque fois qu’il disait des trucs comme «je suis sur le téléphone»). Puis les autres, comme Piotr, Manu, Algary….

Pour le reste, on regardait tous des Passe-Partout et des films de Bud Spencer, qu’on imitait.  On regardait CHiPs, Goldorak et des séries de sci-fi comme Galactica. Nos parents venaient de différents coins du globe, puis de différents coins du pays. On s’en foutait pas mal en fait. Je savais qu’un était « Portugais », l’autre « Algérien » ou « Polonais », et ça m’intéressait évidemment, moi qui voulait tellement voyager.

Sauf que quand on jouait entre nous, loin de l’influence des parents, on était juste une gang de petits Québécois. Dans la paroisse St-Albert-le-Grand, puis dans le quartier Maisonneuve, à l’ombre du Stade, en passant devant l’église pour se rendre à la cour d’école, quand on n’explorait pas le champ «sauvage» des Shop Angus…

Aujourd’hui, tout ça, le fait qu’on ait tous écouté Passe-Partout ensemble et que ça nous ait donné un ciment inclusif des plus solides pour apprendre à communiquer et à jouer ensemble, entre nous. Tout ça, de manière la plus perverse, ils, les soi-disant «antiracistes» d’aujourd’hui, ils appellent ça du «colonialisme» et me somment de m’en repentir…

Je vous dis simplement Fuck you.
Nous au moins, on a appris à jouer ensemble. Puis à étudier ensemble. Puis à travailler ensemble. C’est ça mon Québec.
Ce n’est pas ce Québec progressiste et soi-disant «antiraciste» qui encourage chaque «identité» à se ségréguer dans sa différence.

Mon Québec à moi, il te dit de cesser de faire suer tout le monde avec tes différences et les accommodements que tu exiges de moi dès que tu débarques, ou pas longtemps après.
Tu as choisi — et tu continues de choisir si tu es né(e) ici — une société qui fonctionne mieux qu’il y a 50-60 ans parce qu’elle a choisi d’être laïque, et qui réaffirme ce choix de manière largement majoritaire à chaque fois qu’on lui demande.

Alors c’est toi qui fait le chien dans un jeu de quilles ici.
Tu revendiques de porter en tout temps un uniforme religieux, communautaire et identitaire, dans une société sécularisée et anti-tribale?  Tu revendiques que la société soit en permanence à l’affut de tes frustrations sociales, alors que tu te définis d’abord par ta différence? Tu nous accuses de ne pas suffisamment t’intégrer, pendant que toi tu n’appelles «frères» et «sœurs» que ceux qui partagent ta foi, tandis que tu interdis à tes enfants de marier les miens?…

Tu sais quoi? Toi qui me conchies avec tes micro-agressions à la sauce pseudo-scientifique, qui masquent mal que tu ne fais qu’habiller de verbiage ta propre haine, dont celle de toi-même…
Va te faire foutre.

Moi, je retourne jouer avec Mehdi, Luis, Algary, Piotr, Phong, Simon, Marisol et la gang. Il est là mon Québec.


















In response to this:
Washington Post, Why is it Progressive Quebec has so many shootings?

I am what you could call a “Quebecois nationalist”.

This word, “nationalism”, means many things in today people’s heads. Including an automatic association with the far right for many, who always fear the sudden return of the 1930s. In my case, it simply means that I quite like my little nation and think it worthy enough to continue persisting into History. I do not think that Quebec is in any way perfect, nor a superior nation or culture, and I acknowledge all its flaws. In fact, I am at any moment 100 times more critical of this society and its people than any outsider could ever be. Even the ones who hate us so much that they would take time in their lives to write a litany of libelous half-truths about us and have it published in a major American newspaper. I am still unimaginably more vicious than he will ever be, even in his dreams, when I decide to judge and condemn my own politics, culture and history, because I actually know and understand them.

In these days of tragedy, you will understand that it is painful to call oneself a Quebecois, even for someone like me. But still, I wish that we could have had at least been left to mourn a couple of days before someone jumped on the occasion to cynically use this unqualifiable human tragedy as an excuse to pile up more hate on us.

Hate exists here, as it does in every society. Put any 10 people together, and sure enough 1 or 2 will reveal themselves to be haters, and too often they will sway 3 or 4 more to their views.
I have brushed with hate on a few occasions, starting from my youth. If you remember the late 80s, early 90s, you will recall how they were discovering neo-Nazi para-military training camps across the USA. Here in Quebec, I do not know that it ever got that far (although it could have, I am certain). As a pacifist, I managed to get beaten up by skinheads who didn’t like my appearance or my views on a couple of occasions. (I learned to run really, really, fast in those days!)

One thing that I did learn from such people, because on a couple occasions I managed to have a conversation with them, is that they all have one trait in common. And this has proven true long after the skinheads of my youth thankfully faded into the decor. In all of the conversations that I’ve had with haters, may they be racists, xenophobes, misogynists, religious fundamentalists, far right or far left extremists, anti this or that… They invariably cling to their own sets of facts and are very proficient at cherry picking. Just as much as you can count on a skinhead to cherry pick the news for crimes committed by Afro-Canadians, you can also count on a Francophobic seemingly intellectual racist to show a profound confirmation bias. (That is, the psychological mechanism by which one only remembers events that favour their theses and disregards the ones that contradict them.)
As such, I invite everyone to consult the Wiki page in the link below. I hope that you will at least get a glimpse of how J.J. McCullough’s article is nothing but heavy cherry picking with the intention of defaming.

I especially hope that you will question how easy it seems to be, in American and Canadian media, to smear and defame the French-speaking component of this continent. If, as a litmus test, we were to compare with what someone can or cannot say about other groups such as Jews or Afro-Americans without risking one’s career and reputation, then we must conclude that racism against the French gets a free pass.

How was it possible for Mordechai Richler to have his rancid, Anglo-supremacist rhetoric, peppered with objective falsehoods, be published unchecked in The New Yorker in 1991? How was it possible for Jan Wong to have her spurious theories published in a major Canadian newspaper? How is it still possible for Howard Stern to be on the air, when he would have been whacked out of a career had he said a quarter of what he did about the Jews instead of about French-Canadians?

How is it possible that French schools were outlawed everywhere in Canada and the USA for centuries, in an effort to solve “the French problem” by forced assimilation, without anybody outside Quebec ever talking about it: As if it never happened? How could anyone forget that not so long ago, 1 in 2 English-Canadian man was affiliated with an Orangist lodge, while our own Canadian version of the Ku Klux Klan burned crosses: Not on Afro-Canadian families’ lawns, but on those of French-speaking Catholics?
How can anyone dare call Quebec’s language laws “supremacist”, when a qualified French-speaking engineer in my father’s generation, in the 1970s, would systematically be told “Sorry we don’t hire French-Canadians!”, if he dared apply for a job at any English owned firm in Quebec?
You want to talk about supremacism?  When, up to until my grand-father’s generation, all uneducated labourers in any given English owned company in Quebec had to self-teach themselves English, for the only reason that their bosses would never lower themselves to learn the language of their employees?  Add that those employees were punished with fines on their meagre pay for getting caught speaking French among themselves.
Explain to me how is it that large French-speaking populations, from Louisiana to Detroit and to the Canadian West Coast, were beaten up and ostracized into not transmitting their language to their children.  Them who toadya do not even know what their own surnames mean, when they are called Frenette, Trudeau or Leboeuf.

(Yet, I guess that we should count ourselves lucky in one sense. Even though the English constantly referred to us as “the French race” for most of our shared History, it seems that we were white enough in their eyes to have been spared the fate that they reserved for the Native peoples…)

You want to call us racists? When it is in Quebec that you will find the highest rates of international adoptions and mixed-race couples? When it is here that you will find the least hate crimes year after year? You want to call us anti-Semites, when it is French politicians in Quebec who were the first to grant Jews the right to vote in all of the British Commonwealth (in 1831), and while until not so long ago, only French universities would accept them? You want to call us racists, when every single week, Canadian newspapers publish op-eds describing Quebec, its culture and people as “corrupt”, “tribal”, “backwards”, “undemocratic”, “intolerant”, “racist”, if not outright “fascist”? When the time comes to smear this whole society, it seems that no hyperbole is ever too exaggerated.  And it is exactly such language that can directly explain at least a couple of the massacres that have happened in Quebec as of late.

None of this, of course, lessens the horror that took place in Quebec city. That it took place here shames and saddens all of us, as Quebecois, as Canadians, as North Americans, as Westerners and as Humans.  The massive outpouring of grief and denunciation from all corners of society demonstrates that fact. And nobody is claiming that this society is perfect or that it doesn’t have its share of idiots, of failed individuals, including savage and murderous ones. But to take this “opportunity” to score cheap heinous points on our back…  It is nothing less than cynical and vile, when our eyes are still blurry from the tears.  Shame on the Washington Post for having given a loudspeaker to this hateful character.

Someone would have to be in deep denial, since at least the last 15 years, not to understand that there is a growing problem involving religious, and especially Islamic fundamentalism, as well as the xenophobic far-right response to it; everywhere in the Western World and beyond. This tragedy against Muslims happened here first.  But nothing says that it could not have happened in the USA, which objectively produces more hate crimes than Quebec ever could, and as Charleston and Orlando reminded us again recently. Or it could have happened in Europe, where again yesterday an Islamic fanatic attacked military officers, and while right-wing mobs regularly torch down Syrian refugee centres.

Quebec society has started its introspection following last weekend massacre, as every Western society must do in this era of ethnic and especially religious tensions. Quebec, or French-Americans, are not shielded from this world. No more than we can be made to be a special exception to it, as only a deeply racist mind would claim.
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Wikipedia,: List of massacres in Canada:
https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_massacres_in_Canada

Ce qu’il faut en comprendre

Je comprends les préoccupations des gens qui votent à droite, même si moi je vote toujours plutôt à gauche.  Sauf que c’est la gauche aujourd’hui qui m’attaque.  Du moins une nouvelle gauche.

Cette gauche prétend être en train d’effectuer une révolution, mais à l’insu du peuple.  Elle ne se rend surtout pas compte qu’elle ne représente qu’une poignée d’activistes radicaux hyperactifs dans certains médiums ciblés, comme les départements de sciences molles, les réseaux sociaux et les télévisions d’état.  Alors ils délibèrent entre eux, dans leurs comités. Puis ils en ressortent pour pontifier et surtout excommunier le peuple.

L’islam est une préoccupation pour moi, je l’avoue.  Pourquoi ?  Pour exactement les mêmes raisons que le catholicisme et plus largement le christianisme l’ont été depuis mon enfance.  Pour les mêmes raisons surtout qui me faisaient apprécier le recul généralisé de la religion hors de la sphère sociale et vers la sphère privée.  Je suis athée, je le confesse s’il le faut. Tu es bouddhiste ou musulmans ou juif ou catholique, on s’en fout. On est juste des Québécois.

Bref, on commençait à s’en sortir.

Sauf que l’islam est débarqué et ne cesse d’être une préoccupation.  J’aimerais beaucoup obséder sur autre chose.  Comme sur la culture ou l’environnement.  Mais on se préoccupe déjà beaucoup et bien de l’environnement et des arts, bien mieux en tout cas que je ne pourrais jamais le faire.
Je ne dis pas que ça va bien dans ces domaines.  Mais plein de gens s’en occupent bien mieux que moi.

Tandis que pour la religion, ma société s’en va dans le mauvais sens de l’Histoire avec ce multiculturalisme débile.  Alors ça me préoccupe plus.  Puis ça me préoccupe aussi, comme ça préoccupe tout le monde, quand jour après jour on lit et on entend des allah uhakbar!, accompagnés de fillettes déchiquetées dans des églises ou des marchés, ou des mariages.

Mais qu’on ne m’accuse pas d’en être si préoccupé qu’il ne s’agisse que d’une vulgaire « phobie ».  Ceux qui m’en accusent sont mille fois plus préoccupés par l’islam que je ne le serai jamais.  Ils se font un devoir vertueux et existentiel de «tolérer» l’islam et ses pratiques, qu’ils répugnent pourtant.  Ils se font une contrition, une absolution d’expier leurs péchés sur ceux dont ils veulent laver les pieds.

Lorsqu’elle était marxiste, il y a quelques décennies, la gauche conspuait l’Église.  Aujourd’hui, elle sanctuarise le Califat à force de contorsions.

Sauf qu’au fond de tout ça, il y a le peuple : ceux sur qui le pouvoir s’exerce.  C’est lui qui vient d’élire Trump et de voter le Brexit. Et qui demain votera des gouvernements de droite.
Sauf que ce n’est pas en excommuniant du monde avec des interdits moraux qu’on mène une révolution.  Ni avec la violence, verbale, sociale ou physique folle tournée vers le peuple tout entier.

La droite réactionnaire d’aujourd’hui représente un mouvement populaire dans le plus large sens possible : le peuple réagit.  On dénonce le protectionnisme et le populisme, mais pourtant ça décrit le plus exactement l’état présent des choses : le peuple se protège.
Alors ça va arriver de toute manière.  Le mouvement historique est déjà trop enclenché.

Quand la gauche m’accuse moi d’être ceci ou cela, l’accusation qui peut-être m’a le plus dérangé à date vient de Jon Stewart, pour qui j’ai la plus grande admiration, quand il parle de «nativism».  Je me demande si je suis un nativiste, c’est-à-dire quelqu’un qui revendiquerait un droit du sang comme test de pureté idéologique.
Non, ce n’est pas ça.  C’est plus con que ça.  Je sais seulement que tout groupe qui a des pratiques instituées, des mécanismes de régulation sociale, des codes, des traditions…  Bref toute société réagira de manière hostile lorsque toute autre société essaiera de se substituer à elle sur un territoire donné.  Une minorité immigrante qui impose d’emblée ses propres règles, qui déclare qu’elle échappe par essence à celles de la majorité historique, une minorité qui s’installe en refusant toute possibilité que ses enfants ne se marient jamais avec ceux de leurs hôtes, c’est aussi une préoccupation.

La droite s’en vient, de toute façon, dans tout ce qu’elle a de plus laid.  C’est un fait inéluctable.  Ça sera l’Histoire pour mon fils et ses amis de maternelle.  Encore plus pour l’enfant qui s’en vient.

C’est la faillite de la gauche qui est à blâmer.  C’est surtout à l’effondrement de la nation telle que ma génération la connue que nous assistons.
Ça aurait pu être chouette pourtant, une révolution.  Sauf qu’il aurait fallu qu’elle vienne de la base, du peuple, non pas qu’elle lui soit administrée comme un suppositoire de cheval.  Un programme multiculturaliste pensé d’en haut et qui sur le terrain nous ramène plutôt à la tribu et aux épanchements d’honneur mâles, au clan.

Alors oui, ça me préoccupe.  Cette division ethnique du territoire.  Cette fragmentation sociétale défendue et promue par un activisme libéral devenu fou.
Quand Margaret Thatcher déclarait qu’il n’existe aucune telle chose que la société et qu’il n’y a que des individus, elle n’énonçait pas un fait. Elle annonçait le futur, son futur, notre présent.