Qui

Je dois préciser d’emblée que le titre de ce blogue est trompeur : je ne suis pas un sociologue attitré mais plutôt un ethnologue spécialisé en anthropologie sociale.  La plupart des ethnologues aujourd’hui traitent de questions culturelles et identitaires dans des perspectives herméneutiques.  Ils traitent donc des individus et des idées que partagent ceux-ci.  Ma formation m’a plutôt amené à étudier les questions proprement sociologiques : c’est-à-dire la structure et l’organisation des groupes humains, dans une approche qui se veut comparative, empirique et pragmatique.  Tout ceci fait en sorte que je ne suis pas très à la mode; d’où une première errance.

Aussi, je ne travaille malheureusement pas dans le domaine des sciences sociales pour l’instant (je suis plutôt en éducation des langues).  Donc double-errance pour moi.

Pourquoi

Pourquoi démarrer ce blogue aujourd’hui ?  Je me le demande un peu moi-même…  La première réponse est que j’aime réfléchir à voix haute et que j’aime écrire : c’est une façon pour moi de me confronter, de raffiner comme de réviser mes analyses, voire de parvenir à les rejeter.  Or, comme mes activités professionnelles ne me le permettent pas beaucoup ces temps-ci, je veux essayer d’écrire ici.  Ensuite, le fait d’écrire publiquement — même pour un public potentiellement composé d’exactement 0 personnes — me forcera à me structurer un peu.

Enfin, j’aime le débat structuré, que je préfère à l’écrit plutôt qu’à l’oral.  Je ne me fais aucune illusion à ce stade-ci, mais qui sait, peut-être trouverai-je des interlocuteurs qui apporteront de l’eau à mon moulin et qui me feront valoir des points de vue qui m’échappent.  Bref, peut-être sera-ce l’occasion de discussions enrichissantes.

Quoi

Je ne sais pas encore quelle forme prendra ce blogue exactement.  Ça évoluera au fur et à mesure.  Grosso modo, je compte y publier mes réflexions sur certains sujets que je considère être au cœur de problématiques sociologiques importantes.  Et plus précisément, sur des sujets dont les aspects sociologiques sont à mon sens trop souvent ignorés dans les débats publics.  Par exemple, je pense d’emblée à certains débats touchant la laïcité, l’immigration, l’éducation, les relations entre communautés, les lois linguistiques, le mariage homosexuel…  Rien de bien original, si ce n’est que je compte tenter d’appliquer à des débats sociopolitiques chauds des grilles d’analyse tirées de mes études en sciences sociales et voir ce qui en ressort.  Là où certains sujets sont le plus normalement abordés sous l’angle de la culture, de la politique, des droits individuels ou sous l’angle moral, par exemple, je tenterai de voir ce qu’un éclairage sociologique peut en tirer comme informations ou perspectives.

Comment

Brièvement et très simplement, ma grille d’analyse générale part du postulat que l’être humain est un animal social et qu’il existe donc des faits sociaux au sens de Durkheim : soit des faits qui ne se réduisent pas à la psychologie et qui donc méritent leur propre science.  Et le social, pour le définir, c’est tout ce que l’humain peut former de groupe structuré, comment ces groupes se construisent, comment ils s’agencent à d’autres groupes et comment ils forment parfois des surgroupes (des groupes de groupes).

Si l’humain se perçoit d’abord comme un être individuel (psychologique), ceci est loin d’épuiser toute sa réalité.  Pour chaque phénomène humain donc, on doit s’employer à analyser les logiques sociales et culturelles qui structurent les groupes qu’il forme; groupes qui motivent jusqu’à un certain point les actions individuelles.  Et je conçois que ces deux ordres de réalité, individuel et social, ne sont pas identiques mais complémentaires et symbiotiques.  La sociologie doit devenir face à la psychologie ce que la physique est à la chimie; le groupe étant à l’individu ce que la cellule est à l’atome.

Côté cadre théorique, j’aurai certainement l’occasion d’élaborer un peu plus au travers d’articles publiés plus tard.  Mais rapidement, j’ai tendance à analyser les phénomènes sociaux selon une approche appelée écologie humaine.  Selon celle-ci, les groupes humains se constituent et se transforment afin de s’adapter à des « niches environnementales », qui sont naturelles autant que sociologiques.  Et en se transformant, les groupes transforment par la suite leur habitat, ce qui les pousse de nouveau à s’adapter à ces nouvelles niches.

Par ailleurs, je m’intéresse à la praxis formée à la jonction de l’univers idéologique (psychologique et culturel) et des stratégies organisationnelles matérielles.  En plus clair, je considère que les idées (culturelles, traditionnelles, religieuses, politiques, philosophiques, etc.) que les êtres humains partagent rencontrent un besoin concret, celui de s’organiser en groupes pour accomplir des tâches, et qu’il existe dans la pratique une médiation entre ces deux phénomènes qui donne forme à l’organisation sociale observable.

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