Culture du viol (bis)

Alice Paquet, sa lettre

Je débute en affirmant que le viol est, dans ma conscience et dans mes tripes, le crime envers la personne le plus révoltant qui soit. Et que quiconque puisse subir un ou des viols sans jamais obtenir justice, pire encore en obtenant un simulacre de justice, me rend fou de rage.
Mais je me permets de faire une analyse qui se sort de cet état d’esprit passionné. Je ne parle pas ici de viol, mais de société. Je parle ici de «culture du» viol.

Si je prends un micro demain matin et que j’accuse publiquement un membre de l’Assemblée nationale d’avoir tué 2 de mes chats à quelques semaines d’intervalle, assez vite on va se demander si j’ai des preuves, puis s’empresser de fouiller un peu qui je suis pour voir si je dois être pris au sérieux à la base.

Je suis conscient que beaucoup de gens, chez les amoureux des chats par exemple, voudront spontanément me prendre dans leurs bras et me supporter dans ma poursuite. Alors que d’autres, pour différentes raisons, vont se mettre dès ma déclaration à fouiller mon passé afin d’y déterrer de la m… Des individus qui n’aiment pas les chats ou qui n’aiment pas les gens de ma «catégorie» (homme, cys, blanc, Québécois, peu importe laquelle leur semble pertinente), ou encore des gens qui ne m’aiment pas moi ou qui détestent mes politiques…

Ces gens-là vont m’accuser de mentir, de vouloir calomnier. Et si je leur apporte la preuve béton que les meurtres félins ont bien eu lieu, ils diront que c’était la faute du chat ou la mienne. Ils chercheront à leur tour à me calomnier et à m’insulter.

Jusque-là, on est dans la sphère interindividuelle. Ce ne sont que des gens qui parlent, même s’ils le font en gangs, en groupes. Ils n’ont pas de représentation institutionnelle pour devenir de vrais acteurs sociologiques.
C’est alors vers les institutions que sont la Famille, la Police puis la Justice qu’il faut se tourner pour savoir dans quelle société nous vivons. Ce sont les institutions qui définissent les valeurs d’une société. Et ce sont les institutions qui en dévoilent, dans leur fonctionnement et leurs résultats, l’État.  Seules les institutions sont à la fois organisées et pérennisées, de sorte à influer sur le futur.

Mais pour revenir à mes chats et à la place que leur fait la société.
Suivant ma dénonciation, est-ce qu’on me croira et m’encouragera à porter plainte ? Est-ce que la police aura pris au sérieux ma plainte et fait enquête diligemment ? Est-ce que justice sera rendue: peu importe de quel bord, pourvue qu’elle soit juste et impartiale ? Est-ce que la société civile tiendra enfin compte du bon déroulement et du bon verdict de l’affaire ?  Est-ce que des questions partisanes, communautaires ou politiciennes, n’interviendront pas dans le processus ?

Si la réponse est «oui», ou surtout «de plus en plus oui», alors la société québécoise et son état sont en bonne évolution.  Si la réponse est «non», ou «de plus en plus non«», alors nous avons un problème.  Appelez ça «la culture de»: je l’ai déjà dit, je trouve le terme pertinent, mais mal défini.
Moi, j’appelle ça une culture dysfonctionnelle.




























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