Culture du viol

Quelques réflexions sur l’affaire Sklavounos.

Je ne commenterai pas trop directement l’affaire elle-même. C’est justement le commentariat sur le sujet qui me turlupine un peu.

On peut néanmoins dire quelques choses sur ce qui s’est passé. La jeune femme recule déjà sur un point, et pas le moindre : les points de suture. Puis il semble y avoir d’autres contradictions dans son récit.
Je ne cherche surtout pas à la discréditer, elle ou son témoignage. Au contraire, je pense qu’on doit écouter à ce stade et s’assurer que toute la lumière soit faite sur les évènements. Il est trop tôt pour spéculer. On a tous appris cette histoire littéralement hier!

Tout ceci est arrivé comme une boule de démolition dans le débat public, par le biais de son poignant témoignage lors de la vigile à l’U Laval, en support à une série d’autres agressions sexuelles. (On n’en sait pas beaucoup plus sur ces dernières.)
Quant à Sklavounos, on sait qu’il traine une réputation et qu’au moins 2 plaintes formelles ont été faites sur ses agissements et sur son attitude envers les femmes. On sait au minimum que cet homme, marié et père de 2 enfants, travaille fort et avec insistance pour baiser tout ce que l’Assemblé nationale peut voir passer de jolies jeunes pages entre ses murs. On sait qu’il a baisé avec son accusatrice.
Bref, il a une sale gueule. Et en plus c’est un libéral.

Qu’on se serve de ces événements pour relancer le débat sur la culture du viol, soit. Qu’on parle des relations hommes-femmes, c’est toujours bon. Qu’on parle du consentement, ça demeure toujours essentiel. Mais à ce stade-ci, il nous faudrait surtout rester en mode écoute et poursuivre l’investigation, au lieu de nous empresser à condamner. Tout sur cette histoire reste à être démontré. Or, en ce moment, il y a ceux qui voient déjà l’accusé à la potence, et les autres qui cherchent l’hystérie chez la victime présumée. Ce n’est pas dresser des embûches que de le dire.

Il y a en ce moment une discussion sociale, et de plus en plus politique, sur cette notion de «culture du viol» qui se voit dénoncée. Je ne la nie pas et considère le terme utile au débat. Mais il doit être bien défini, ce qui n’est pas le cas présentement. Alors on rencontre beaucoup d’exagération comme de contestation à propos du phénomène.
Le phénomène existe, mais sa formulation doit servir à révéler une réalité culturelle, pas à embrouiller de discours la réalité.

La culture du viol existe, bien évidemment. Comme tout ce qui existe chez l’humain, chez l’individu, existe aussi en termes culturels, en termes sociaux.
Il y a une culture de l’alimentation parce que l’individu mange avec d’autres. Il y a une culture de la guerre parce que l’individu se bat contre d’autres. Il y a une culture de la justice parce que l’individu règle ses différents avec les autres. Puis l’individu baise et est violent avec d’autres : alors il existe une culture du viol.  Et il faut bien la comprendre si on veut justement influer sur cette culture.

En attendant, on constate surtout que le réseautage social informatique, aidé des chaines d’information et de commentariat en continu, permet une nouvelle résurgence dans le monde postmoderne de la «justice populaire». En anglais, on dirait lynch mobs.

Ce n’est pas être dans le déni que de le dire.

































Advertisements

Laisser un commentaire

Pour oublier votre commentaire, ouvrez une session par l’un des moyens suivants :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment ce contenu :