2 poids, 2 mesures

Plus jeune, j’ai travaillé dans l’Ouest canadien à planter des arbres. Les équipes avec qui j’ai travaillées étaient très diversifiées avec des hommes et des femmes from coast to coast et de tous les horizons.

Une année, est débarqué un couple dans l’équipe. La femme était gentille, mais très effacée, tandis que le mari était super jovial et amical.  Le genre à toujours avoir une guitare acoustique sous la main pour égayer la soirée auprès du feu.

Passé les premières impressions, nous nous sommes rendus compte d’une dynamique quelque peu dérangeante. Dans la grande tente où nous prenions tous nos déjeuners et nos soupers, on s’est vite aperçu qu’il y avait une chaîne de commande très stricte entre les deux. L’homme n’avait qu’à dire : «je veux du sel, femme» pour qu’elle se lève immédiatement et aille lui en chercher. En fait, elle passait le plus clair de son temps à exécuter ses ordres. Lui ne levait même pas les yeux ni ne disait merci.

Ceci n’a pas manqué d’irriter les autres femmes du camp, qui n’étaient pas exactement des femmes soumises. On voyait carrément les couteaux voler de leurs regards pour aller se planter dans la face du type !  Ça n’a pas pris de temps avant que quelques-unes d’entre elles le confrontent, pendant que d’autres auront essayé de brasser son épouse. En vain.

Il s’est surtout avéré qu’il s’agissait de gens profondément chrétiens.  Et surtout, ils tenaient pour loi divine que l’autorité passe de Dieu vers l’homme, puis vers la femme.

Bref, les hostilités n’ont pas tardé à s’exprimer au grand jour entre eux et le reste du camp.  Surtout le reste du camp féminine.

La situation a connu son apogée à la fin de l’été. Il faut savoir qu’on travaillait normalement 4 jours pour 1 journée de congé. Or, quand une journée de travail tombait sur un dimanche, le Jour du Seigneur, notre couple chrétien s’enfermait dans sa roulotte et refusait de travailler.
Sauf qu’à la fin de l’été, tout le monde met les bouchées doubles pour terminer les contrats et sortir du bois. Une de ces journées finales, la dernière ou avant-dernière, est tombée un dimanche. Toute la journée, des planteurs se sont relayés pour aller marteler contre la porte de la roulotte de notre couple de chrétiens pour leur dire de sortir et venir aider.
Rien n’y fit…

Tout ceci est véridique et eut lieu au début des années 90.

Pourquoi me dis-je que si à peu près exactement le même genre de situation advenait aujourd’hui, mais qu’il s’agisse de musulmans plutôt que de chrétiens fondamentalistes, les réactions seraient beaucoup plus modérées ? Ou voire même qu’on trouverait à justifier puis à accommoder de tels comportements. Et que si quiconque réagissait comme ce fut le cas envers mes chrétiens, il se ferait illico traiter de raciste?

Le plus ironique de l’histoire, c’est le profil des filles qui étaient outrées par l’attitude du type. Pour la plupart, elles étaient étudiantes à UBC et militantes de gauche, qui te me citaient du Chomsky et du Gramsci à chaque détour d’argument. Exactement le genre de personnes qui aujourd’hui sont inclusivistes…

 


 

 












































































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6 commentaires
  1. Le contenu de votre article se répète en double dans l’article (j’ai souvent le même mystérieux problème sous Facebook… »

  2. En fin de semaine dernière. j’écrivais ceci en préambule à un texte de Louise Mailloux que je relayais sur ma page Facebook:

    « Scène bien banale hier au supermarché. Madame, bien cachée sous son hijab, pousse un lourd panier d’épicerie. Monsieur lui est en short. Il se promène en tenant son fils par la main. Il est souriant. Mais pas Madame…
    C’est plus fort que moi, la disproportion est tellement grossière que je ne peux m’empêcher de ressentir un malaise. Je change d’allée… Que puis-je faire d’autre !  »

    https://louisemailloux.wordpress.com/2016/09/04/le-burkini-version-aquatique-du-hidjab/

    • En effet. C’est tout à notre honneur, je le crois, d’être si imprégnés de démocratie que nous ne nous abaissons pas à confronter des individus, préférant nous en tenir aux idées. Mais je me demande parfois si ce n’est pas une recette qui conduira un jour à ce que le couvercle de la cocotte-minute explose.

  3. Hlne Morin a dit :

    Encore un excellent texte. Merci

    Hélène Morin

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