Axes

La religion, c’est plusieurs choses à plusieurs niveaux. Un sujet inépuisable apparemment. Mais on peut tout de même l’analyser, sans jamais prétendre épuiser le sujet.

Toutes les religions sont différentes dans leurs exégèses, dans leurs dogmes, dans leurs idées, dans leurs philosophies et dans les comportements qu’elles cherchent à instiller chez leurs adhérents. Mais toutes peuvent être analysées sous certains axes qui font qu’elles s’appellent en commun «religions».

Un de ces axes est celui qui oppose l’individu à la société. Toute religion est employée comme une sorte de guide spirituel et moral selon lequel l’individu tente de se donner une conduite vertueuse basée sur certains a priori : «Dieu existe, Il a créé l’Univers de telle manière et Il veut que j’y joue tel rôle».

Or, partant de là, on peut tourner la pratique de la religion vers soi ou vers autrui. Je peux, en tant que chrétien par exemple, me dire que Dieu veut de moi que je travaille fort, que je m’abstienne de certaines pensées comme la fornication ou la luxure et que je fasse un constant effort de repentance pour mes péchés. C’est la pratique privée de la religion.

Mais c’est tout autre chose coté social, public. Je peux plutôt me sentir investi de la mission de prêcher mes croyances à autrui, voire de les imposer. Je sors de la sphère privée dès que, à chaque phrase, je mentionne Jésus pour expliquer mes décisions et mes comportements, ou dès que je catégorise les gens entre ceux qui pratiquent comme moi et les autres. Je sors un peu plus du privé pour faire irruption dans le social si je prêche à tout le monde ma bonne conduite en parlant de ma doctrine. Et je deviens carrément extrémiste quand je décide de moralement ou physiquement punir quiconque en dévie.

Surtout, il y a un continuum de l’un à l’autre, c’est une question de degrés. Dès que la religion franchit la sphère du privé vers le public, il existe une gradation dans la ferveur de transformation de la sphère sociale. C’est une question de statistique.

C’est à empêcher ceci que sert la laïcité, qui ne dit qu’une chose : la religion dans le privé, point barre. Car la religion est une drogue. Prier apaise, prier réconcilie, prier lie. Prier nous fait oublier que nous ne sommes que des singes pensants, criant pour obtenir des réponses vers le ciel muet. Prier donne des réponses, même si elles sont fausses. C’est comme l’alcool ou le pot, l’héro ou la mescaline.

Alors on leur dit ok, vous avez le droit de prier, mais évitez juste les débordements dans la sphère publique, parce que ça chie tout le temps… Et quand on voit des gens refuser ce compromis, on se dit à juste titre qu’on a à faire à des junkies. Des accros de la religion qui tiennent à porter dans la sphère sociale leurs dépendances personnelles. Des malotrus.

Qu’on porte en tout temps une grosse croix et qu’on fasse des bonnes œuvres en Afrique, ou qu’on tente d’infiltrer le créationnisme dans les écoles, il n’y a qu’une question de degrés. Qu’on milite pour le respect de la vie à ce qu’on intimide des femmes qui se font avorter, il n’y qu’une question de degrés. Qu’on dise respecter intégralement le Coran tout en étant féministe, à séquestrer sa femme et la violer, il n’y a qu’une question de degrés…

Le voile n’est que le premier degré de l’intrusion islamiste dans la sphère publique. Oui, il y a un lien avec les attentats terroristes de Bruxelles. Le voile est le premier degré d’affirmation publique d’une ségrégation «nous» et «vous».

Le voile dit «femmes vs hommes». Puis il dit «musulmans vs mécréants».
Le voile dit: «Regarde» comment une femme «pudique» s’habille et se comporte, ce qu’elle mange, ce qu’elle dit. Et surtout avec qui elle a le droit de coucher et de faire des enfants.

Le voile est consubstantiellement une manifestation sociale, à moins de se regarder beaucoup dans le miroir. (Ce qu’on pourrait peut-être reprocher à certaines militantes du voile…)

Le voile est une supercherie. Il impose au social des impératifs individuels.
Le voile dit enfin qu’il ne fera jamais de compromis dans la sphère sociale. Ce qui est écrit, le dogme, l’emportera toujours sur les règles humaines. C’est la recette d’une guerre de religions.

Le voile militant est le début du radicalisme. Sa logique, poussée à sa conclusion, explique l’État islamique et Bruxelles.































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