Inclusifs, jusqu’où inclurez-vous?

Au cours de ma vie, à de très nombreuses reprises, j’ai été reçu chez des gens issus d’autres cultures et croyances que les miennes.  Autant ici que lorsque je vivais à l’autre bout du monde. À chaque fois, ce fut un honneur d’être accueilli chaleureusement et toujours de manière très hospitalière dans la maison d’autrui. Toujours, lors de ces occasions, j’ai apprécié les rencontres et la possibilité d’apprendre sur les individus, sur leurs valeurs, leur langue, leur histoire, leur art, leur musique et leurs familles, etc.  Et j’ai même souvent fait miens de leurs usages.

Je constate aujourd’hui les revendications religieuses qui pullulent partout (politico-communautaires plutôt).  Et je me demande comment mes rencontres interculturelles se seraient déroulées si j’avais moi-même eu des convictions et des valeurs personnelles, disons, beaucoup plus rigides, par exemple concernant mes croyances.  Si j’imaginais par exemple que mes croyances étaient des droits absolus sur lesquels je devais me montrer intraitable…

Je m’imagine être invité demain par une famille rencontrée à la garderie de nos enfants et avec qui nous avons souvent des échanges courtois. Ce serait certainement agréable.  Nos enfants joueraient pendant que nous échangerions des histoires de parents.

Imaginons donc que je me mette dans la peau d’un revendicateur…

À la porte, nos hôtes nous reçoivent. Suivant son épouse, l’époux vient accueillir ma conjointe pour lui serrer la main ou lui faire une bise, mais ma douce recule… J’explique gentiment à notre hôte que notre religion interdit à mon épouse de venir en contact avec un autre homme que moi car ceci équivaut à des avances sexuelles malvenues. Je me réjouis de cette occasion de faire connaitre à nos hôtes un peu de notre culture, y voyant une chance de leur apprendre à s’ouvrir à nous.

Au souper, 5 plats ont été préparés. De toute évidence, la cuisinière a travaillé toute la journée! Malheureusement, bien qu’appétissants, nos croyances nous interdisent de manger 3 d’entre eux, que nous considérons impurs. (Nous sommes un peu surpris que nos hôtes n’aient pas prévu ceci…) Mais qu’à cela ne tienne, rien ne nous interdit les deux autres, qui sont délicieux. Je souris à la cuisinière et nous en mangeons goulument!
Mon jeune enfant lui, trouve tous les plats très alléchants et voudrait en avoir. Évidemment, je lui interdis de manger les 3 qui nous sont proscrits. Frustré, il pleure. Je souris à nouveau à la cuisinière et à son mari : «Ah, les enfants… Haha!»

Le repas s’éternise et nous nous voyons forcés de nous excuser de table car l’heure de notre prière sonne. Ça ne sera pas long : 20 minutes au plus. Je demande à nos hôtes s’il est possible d’emprunter le salon; et surtout que l’épouse évite d’y venir pendant notre rituel. Nos hôtes semblent choqués, mais je leur explique que notre hôtesse est en ça l’égale de mon épouse, qui devra rester derrière moi afin de ne pas me détourner de la pureté de ce moment sacré.

Enfin, nous retournons à table et terminons le repas. Les enfants jouent dans le salon et semblent bien s’amuser. À la blague, notre hôte dit que nos enfants pourraient un jour se marier. Ce serait drôle : nous deviendrions une famille… «Haha!»
À nouveau, je saisis l’occasion pour renseigner nos hôtes sur nos valeurs. Je leur explique qu’un tel mariage n’arrivera jamais puisque notre religion l’interdit. À moins que leur enfant se convertisse, le nôtre se verrait voué à l’enfer à cause d’une telle alliance impure.  D’ailleurs, j’en profite pour prévenir nos hôtes: si jamais nous apprenions, dans quelques années, qu’un de nos enfants fréquente les leurs, les conséquences seraient très graves…  Nous les prions donc de veiller à ce que ça ne se produise jamais.

Nous sommes bien sûr ouverts et nous acceptons que nos hôtes aient des croyances différentes. Mais justement, elles doivent rester différentes. Si nos enfants se mariaient, comment l’un pourrait-il accepter l’impureté de l’autre?
Ceci dit : «Haha, quelle bonne blague!»

Nous prenons enfin congé de nos hôtes après cette belle soirée.

Après ce souper, les mois passent et je m’étonne qu’ils ne nous réinvitent plus jamais. Ils semblent même moins chaleureux à notre égard lorsque nous les croisons à la garderie… Quel dommage! Ils apparaissaient pourtant si ouverts. De toute évidence, ils font maintenant preuve d’intolérance et d’«exclusion» face à nous.  Probablement un vieux fond de racisme qui a ressurgi chez eux, mystérieusement…

Je caricature ici, mais à peine.  Après que j’aie écrit ce texte, une amie m’a raconté avoir vécu très exactement cette conversation sur le mariage avec un couple de ses amis, juifs en l’occurrence.  Alors qu’elle avait lancé à la blague que leurs enfants pourraient un jour se marier ensemble, ils lui ont répondu très exactement ce que je décris plus haut.

Mais bref, voilà ce qu’il y a de plus débile dans le discours «inclusifs».  On se dit inclusif surtout envers des communautés qui, elles, peuvent y voir l’occasion de prêcher leur propre exclusion.

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